La nouvelle station de dessalement de Casablanca n'a bénéficié d'“aucun soutien financier public”, selon Karim Zidane

Dans une interview accordée ce lundi à Hespress, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l'Investissement, a clarifié les conditions financières du projet de la station de dessalement de Casablanca, assurant que l'entreprise lauréate n'a sollicité ni reçu aucun soutien financier public.

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Karim Zidane, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Le ministre a insisté sur l’intégrité du processus décisionnel du comité, composé d’environ 30 acteurs de divers ministères et administrations, garantissant une prise de décision équilibrée et juste. Il a réaffirmé l’engagement du Maroc en tant qu’État de droit, où les décisions gouvernementales visent l’intérêt national plutôt que des intérêts particuliers.

Zidane a également rappelé l’importance stratégique du projet, initié en réponse à la pénurie d’eau et aux séries de sécheresses que connaît le pays. Le projet, dont le coût s’élève à 6,5 milliards de dirhams, a été lancé après de multiples retards depuis son annonce en 2009.

Concernant les avantages fiscaux, le ministre a précisé que le projet, comme tout autre dépassant 50 millions de dirhams, bénéficie d’exemptions douanières et de la TVA, conformément à la législation fiscale marocaine de 1995.

L’offre gagnante, menée par une entreprise espagnole reconnue pour son expertise dans le dessalement (Acciona, ndlr), a été choisie pour son excellence opérationnelle et son efficacité coût, a poursuivi le ministre. Zidane a conclu en soulignant la transparence et la crédibilité du processus d’appel d’offres.

L’affaire de la station de dessalement de Casablanca-Settat, qui a suscité de vives critiques et des accusations de conflit d’intérêts envers le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch, concerne un contrat majeur pour la construction et l’exploitation d’une usine de dessalement d’eau de mer. Le projet a été attribué en novembre 2023 à un consortium comprenant Afriquia Gaz et Green of Africa, deux filiales du groupe Akwa, majoritairement détenu par la famille Akhannouch, en collaboration avec la société espagnole Acciona.

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Ce marché, remporté suite à une offre financièrement compétitive de 4,50 dirhams par mètre cube, a été contesté par des acteurs politiques et publics qui ont pointé du doigt un potentiel conflit d’intérêts, étant donné la position d’Akhannouch à la fois en tant que chef de gouvernement et actionnaire majoritaire du groupe bénéficiaire du contrat. Le projet, qui est le plus grand de son genre en Afrique du Nord, vise à fournir de l’eau potable à plus de six millions de personnes dans la région de Casablanca-Settat​.

Le 6 décembre 2023, le groupe parlementaire du PJD avait officiellement contacté l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) pour examiner le sujet, arguant que “moralement, le chef du gouvernement ne devrait pas investir dans des secteurs qu’il dirige”.

À cette époque, Abdellah Bouanou, alors chef du groupe parlementaire du Parti de la Justice et du Développement (PJD), affirmait qu’il existait un conflit d’intérêts évident dans l’attribution de ce marché. De son côté, Mohamed Chaouki, député du RNI, défendait le chef du gouvernement en niant tout conflit d’intérêts.

L’article 36 de la Constitution stipule que “les infractions relatives aux conflits d’intérêts, aux délits d’initié et toutes infractions d’ordre financier sont sanctionnées par la loi. Les pouvoirs publics sont tenus de prévenir et réprimer, conformément à la loi, toutes formes de délinquance liées à l’activité des administrations et des organismes publics, à l’usage des fonds dont ils disposent, à la passation et à la gestion des marchés publics. Le trafic d’influence et de privilèges, l’abus de position dominante et de monopole, et toutes les autres pratiques contraires aux principes de la concurrence libre et loyale dans les relations économiques, sont sanctionnés par la loi”.