Reflect : faut-il surveiller notre usage de l'IA ?

Par Zakaria Choukrallah

Ils devaient nous aider à rédiger des emails et à automatiser les tâches ingrates. Mais les voilà confidents, coachs, parfois béquilles émotionnelles… Les chatbots ont glissé de l’outil vers l’intime. Et cela pose la question, prévisible, de l’usage sain.

“Avec l’IA, la question n’est plus combien de temps nous passons avec la machine, mais ce que nous lui confions”

Zakaria Choukrallah

Anthropic a apporté sa pierre à cet édifice. Son outil de bilan d’usage — “Reflect” dans les réglages de Claude — permet, en bêta test, de se retourner sur un, trois, six ou douze mois d’activité avec Claude : sujets récurrents, habitudes d’usage, types de tâches confiées à la machine. Avec, en option, des heures calmes et des rappels de pause. « À quelle fréquence utiliser l’IA ? Quand est-elle adaptée à une tâche, et quand vaut-il mieux la laisser à un humain ? » : autant de questions que l’entreprise dit vouloir aider à trancher avec cette fonctionnalité, disponible pour les utilisateurs ayant activé la mémoire de Claude.

Il y a comme un air de déjà-vu. Les réseaux sociaux ont imposé le débat du temps d’écran. Mais l’enjeu est ici bien plus sensible. Car l’IA ne capte pas seulement notre attention. La question n’est plus combien de temps nous passons avec la machine, mais ce que nous lui confions, et ce que nous cessons (peut-être) de confier aux humains. Ce débat n’est pas nouveau, il est au centre des réflexions philosophiques d’innombrables récits de science-fiction. Il s’invite désormais, banalement, dans notre quotidien. 

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