Santé : la réforme des groupements sanitaires territoriaux avance, le flou persiste

Le bilan social du ministère de la Santé dresse le portrait d'une réforme en marche. Mais derrière les avancées affichées, le document révèle aussi les tensions qui accompagnent le déploiement des Groupements sanitaires territoriaux.

Par

Le ministre de la santé, Amine Tahraoui, a engagé une vaste réorganisation de sa direction des ressources humaines, considérée comme le socle technique de la réforme. Crédit: DR

Le bilan social de la Direction des ressources humaines du ministère de la Santé, que TelQuel a pu consulter en exclusivité, est présenté comme une réussite. Un Groupement sanitaire territorial (GST) pleinement déployé, cinq autres en phase d’opérationnalisation, un cadre réglementaire de mobilité adopté, des missions de terrain… Mais entre les lignes, une autre réalité se dessine. Des missions d’apaisement menées en urgence, des avancements de grade toujours bloqués et un arbitrage budgétaire qui a nécessité une réunion interministérielle en avril dernier.

Dernière friction en date : le 6 juillet, le bureau régional de la Fédération démocratique du travail (FDT) de Tétouan a publié un communiqué annonçant l’organisation d’un sit-in à l’hôpital régional de Tétouan. La wilaya a dû débloquer la situation. Une suspension temporaire du mouvement a été actée, avec engagement de reprendre le dialogue social dans les 72 heures. Autrement dit : l’administration sanitaire n’a pas été capable de régler, seule, un conflit interne.

Un chantier sous tension

Sur le papier, la méthode semble pourtant irréprochable. Le document détaille cinq étapes précises pour le transfert du personnel vers les GST : recensement des agents, détermination du personnel transférable, classification des positions administratives, évaluation de l’impact budgétaire, transfert effectif. Mais le terrain ne suit pas le même rythme.

Six régions ont été retenues pour le déploiement, chacune désormais dotée d’un directeur général nommé. Le GST Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTA), premier à avoir été opérationnalisé, a longtemps été présenté par le gouvernement comme le laboratoire de la réforme. Mais lors du premier conseil d’administration du GST Fès-Meknès, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a annoncé que c’est ce dernier qui serait désormais considéré comme l’expérience pilote pour les autres GST en cours d’opérationnalisation.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 1000 numéros de TelQuel numérisés
Déjà abonné ? Se connecter