La Corée du Sud a réussi, en l’espace de vingt ans, à se hisser dans le club très “select” des principaux exportateurs mondiaux de défense, alors que le pays fait historiquement partie des nations bénéficiant du parapluie militaire américain. Séoul dispose d’une base industrielle et technologique de défense (BITD) depuis les années 1970, mise en place par nécessité à la suite du retrait partiel des troupes américaines et de la modernisation de la Corée du Nord. Durant cette période, l’objectif est d’éviter un basculement du rapport de force en sa défaveur.
Quarante ans plus tard, la BITD coréenne fait son entrée dans le top 10 mondial des exportateurs d’armement, avec 2,2 % de parts de marché sur la période 2020-2024, soit le 10e rang mondial selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) pour 9,6 milliards de dollars d’exportations en 2024 et un portefeuille passé de trois pays clients en 2006 à quatorze aujourd’hui.
Une montée en puissance qui ne peut qu’interpeller au Maroc, au moment où la mise en place d’une BITD a été érigée en priorité au plus haut niveau de l’État. L’industrie de défense coréenne repose, certes, sur le socle des “chaebols”, ces entreprises familiales devenues de puissants conglomérats qui dominent l’économie du pays, à l’image de Samsung, LG ou Hyundai. Mais la réelle montée en gamme ne s’est opérée qu’au milieu des années 2000, plus précisément le 1er janvier 2006, avec la création de la Defense Acquisition Program Administration (DAPA).
