L’IA va au-delà d’une simple évolution technique conjoncturelle. Elle est aujourd’hui à l’origine d’une reconfiguration de la nature même de la connaissance et des modalités d’apprentissage, qui oblige le système éducatif à redéfinir ses rôles et fonctions dans un contexte en mutation”. Le constat est posé d’emblée par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), dans la recommandation n°1/2026, rendue publique début juin. Et pour cause : l’IA générative est entrée dans les usages avant que l’institution éducative n’ait décidé quoi en faire. Élèves, étudiants, enseignants, inspecteurs et conseillers d’orientation, tous en témoignent. Et le CSEFRS d’en lister les usages éducatifs : recherche d’informations, préparation de ressources, activités scolaires, rédaction de textes, etc.
C’est ce décalage que pointe le Conseil présidé par Rahma Bourqia. Le texte n’est pas un plan d’action gouvernemental, comme le précisent ses rédacteurs, mais une alerte : un appel à agir avant que les usages ne deviennent difficiles à corriger. Le Conseil y décrit “un hiatus grandissant” entre l’accélération de l’IA dans l’école et la lenteur de la gouvernance censée l’accompagner.
Car l’IA n’est pas une simple “prolongation de la numérisation”, elle transforme la relation au savoir. Elle ne donne plus seulement accès à l’information, elle produit des réponses, des textes, des argumentaires prêts à l’emploi…
