Label'Vie–Retail Holding : les coulisses de la fusion racontées par Hadni et Laissaoui

Rachid Hadni, président du CA de Label'Vie, et Riad Laissaoui, PDG de Retail Holding, répondent ensemble aux questions de TelQuel. Gouvernance floue, timing tardif, modèle contesté : les deux architectes de la fusion répondent aux questions qui fâchent.

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Riad Laissaoui, PDG de Retail Holding (à gauche) et Rachid Hadni (président du conseil d'administration de Label' Vie)

Annoncée le 4 mai et détaillée le lendemain lors d’une conférence de presse à Casablanca, la fusion-absorption de Label’Vie par Retail Holding doit donner naissance, d’ici août prochain, à un champion marocain du retail multi-enseignes.

Sur le papier, l’opération s’appuie sur un chiffre d’affaires combiné de 21,7 milliards de dirhams en 2025, avec un objectif affiché de 47 milliards à l’horizon 2030. Sur le terrain, elle pose des questions plus inconfortables : qui va diriger quoi demain matin ? Pourquoi maintenant et pas plus tôt ? Et le modèle multi-enseignes intégré est-il encore le bon en 2026, alors que les marchés matures s’en éloignent ?

TelQuel : Vous assurez que “juridiquement, c’est Retail Holding qui absorbe Label’Vie, économiquement c’est l’inverse”. Or Label’Vie disparaît juridiquement alors qu’elle porte 1500 collaborateurs et l’essentiel de la valeur. Qu’est-ce qui se perd et qu’est-ce qui se gagne dans ce mouvement ? Comment chacun de vous le lit-il ?

Riad Laissaoui : Juridiquement, nous sommes sur un schéma assez classique de fusion entre une holding et sa filiale opérationnelle, qui répond aussi à des enjeux de structuration et d’optimisation du groupe. Mais dans les faits, la dynamique est plutôt inverse : cette opération permet surtout à Label’Vie de changer d’échelle, en intégrant un périmètre plus large d’activités, de plateformes et de relais de croissance.

Rachid Hadni : Vous comprenez donc que rien ne se perd dans ce mouvement. Les équipes, les enseignes, le savoir-faire opérationnel et l’ADN commerçant de Label’Vie restent au cœur du futur ensemble. Ce que nous gagnons, en revanche, est considérable : davantage de taille, plus de diversification, une capacité d’investissement renforcée et surtout un groupe plus structuré pour accompagner sa prochaine phase de développement.

L’organigramme post-fusion reste flou pour l’extérieur. Concrètement, le 1ᵉʳ septembre 2026, qui prend les arbitrages stratégiques sur les enseignes, qui décide des allocations de capital entre Carrefour, Atacadão, Kiabi, Burger King et l’Afrique de l’Ouest ? Y aura-t-il un patron unique, ou un binôme — et lequel d’entre vous se voit dans quelle case ?

Rachid Hadni : Il faut rappeler que Label’Vie fonctionne aujourd’hui avec une organisation par business units : hypermarchés, supermarchés, Carrefour Express, Supeco ou encore Atacadão. Ces activités sont pilotées à travers des plateformes mutualisées, notamment sur les achats, la logistique, les systèmes ou les fonctions support. L’opération ne vise donc pas à bouleverser le fonctionnement du groupe, mais plutôt à élargir une organisation qui existe déjà et qui a démontré son efficacité.

Riad Laissaoui : Et avec cette opération, de nouvelles business units viendront naturellement rejoindre cet ensemble,

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