[Tribune] Footgolf au Maroc : de l’ombre à la coupe du monde ! 

Par Association Marocaine Du Footgolf

Ils étaient sept, sans bagages, à des milliers de kilomètres de chez eux, quelque part entre les chutes du Zimbabwe et un rêve encore flou. L'Association Marocaine de Footgolf, raconte l'épopée improbable d'une équipe nationale naissante qui, contre toute attente, a décroché son ticket pour la Coupe du Monde 2026 au Mexique. Derrière l'aventure humaine et sportive, une conviction : le footgolf a un avenir au Maroc, et cette qualification n'en est que le premier coup de pied.

Il était une fois… sept Marocains au Zimbabwe”, Il était une fois, une histoire improbable, le genre d’histoire qu’on raconte au début en haussant les épaules, et qu’on termine en se demandant comment tout ça a bien pu arriver.

Tout commence après une longue série de négociations -presque onusiennes- entre l’association marocaine du footgolf et la FIFG (l’équivalent de la FIFA pour le footgolf), des négociations qui se sont soldées par un message de la FIFG : pour se qualifier à la Coupe du Monde de Footgolf 2026, direction… le Zimbabwe. Oui, le Zimbabwe, pas Rabat, pas Paris, pas même Johannesburg, c’est très simple. Non, Victoria Falls, là où les chutes grondent, où la brume se lève comme un décor de cinéma, et où, visiblement, le destin du footgolf marocain devait se jouer. Le but, jouer une coupe d’Afrique avec l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe pour enfin disputer un match de barrage brulant contre les “Sudaf”. Le gagnant devient le seul et unique représentant du continent africain lors de la prochaine coupe du monde au Mexique.

Sept Marocains répondent présents, sept adultes avec des vies bien remplies, des responsabilités, des agendas déjà trop serrés. Et pourtant, une seule réponse : “On y va” .

Quelques jours plus tard, les voilà sur le tarmac, fatigués, un peu sonnés… et sans bagages, perdus quelque part entre Casablanca, Paris, Johannesburg et Victoria Falls. Les chaussures, les maillots, les ballons : envolés. Une entrée en matière parfaite pour une aventure qui ne promettait rien de simple.

Alors ils ont fait ce que font les Marocains quand tout commence mal : ils ont souri, et ils se sont organisés avec plusieurs scénarios, dont un consistant à aller chercher du matériel sportif dans un centre commercial à quelques kilomètres…à Livingstone en Zambie ! Avant tout, ils n’étaient plus à une frontière près. Comme des frères, pendant des heures, ils négocient, appellent, traduisent, plaisantent. Personne ne lâche, personne ne râle vraiment, au bout du chaos, les valises réapparaissent quelques heures avant le début de la compétition. Première victoire !

Le reste ressemble à un film : un parcours à Elephant Hills, entre savane et fairways, des entraînements sous un soleil implacable, des soirées à refaire le monde et les stratégies. En face, des Sud-Africains solides, des Zimbabwéens accueillants et des Kényans féroces, et au milieu, sept Marocains avec une rage de lion et une idée fixe : ne pas être là par hasard.

La qualification s’est jouée au dernier jour, arrachée in extremis face aux sud-africains, et puis, au bout, la délivrance : le Maroc décroche son ticket pour la Coupe du Monde.

“Footgolf ? Foot… quoi ?”

Le footgolf, comme son nom l’indique, est un mariage simple : un ballon de football, un parcours de golf, et une règle universelle : mettre le ballon dans le trou en un minimum de coups.

Né dans les années 2000 et structuré à l’échelle internationale autour de la Fédération internationale de footgolf, ce sport s’est développé rapidement en Europe, en Amérique latine et au Japon. Son avantage ? Il est accessible, spectaculaire dans sa simplicité, et terriblement addictif dès les premières frappes.

Pas besoin d’avoir été footballeur professionnel ni golfeur chevronné. Il suffit d’un bon toucher de balle, d’un peu de précision… et d’un mental solide. Parce que derrière son apparente facilité, le footgolf est un sport d’exigence : gestion des distances, lecture du terrain, stratégie. On ne gagne pas par hasard.

Et surtout, c’est un sport qui raconte quelque chose de notre époque : un besoin de transversalité, de casser les codes, de créer des ponts entre disciplines. 

Au Maroc, une passion qui cherche encore son terrain

Au Maroc, le footgolf n’en est qu’à ses débuts. Quelques passionnés et une association qui s’organise, et surtout une conviction : ce sport a sa place.

Parce que le Maroc coche toutes les cases, une culture footballistique profondément ancrée, des infrastructures golfiques parmi les plus belles du continent, un climat qui permet de jouer toute l’année et enfin une jeunesse en quête de nouvelles pratiques sportives.

Mais comme souvent, le développement d’un sport émergent ne repose pas uniquement sur la passion, il faut des structures, de la visibilité, des compétitions régulières, et un minimum de moyens. Aujourd’hui, le footgolf marocain avance grâce à l’énergie et l’investissement personnel des membres de l’association marocaine du footgolf créé récemment (quelques semaines avant l’aventure Zimbabwéenne), un bon nombre de ses membres résident en Europe, mais demain, il devra s’appuyer sur un écosystème plus solide. C’est le défi du bureau actuel de l’association.

La qualification au Zimbabwe n’est ni une fin, ni une étincelle, c’est un signal. Un début de reconnaissance et une preuve que, même avec peu, on peut aller loin.

Cap sur le Mexique : jouer, exister, représenter

La prochaine étape, c’est le Mexique, une Coupe du Monde où les meilleures nations seront présentes, certaines avec des années d’avance, des structures rodées, des circuits professionnels.

Le Maroc jouera dans un groupe serré avec le Mexique (le pays hôte), le Portugal et la Turquie. Le Maroc arrivera avec une histoire récente, une équipe soudée, et une capacité à se dépasser dans les moments clé, ce n’est pas toujours suffisant pour gagner, mais c’est souvent ce qui permet d’exister.

“Participer à une Coupe du Monde, ce n’est pas seulement jouer, c’est représenter un pays, porter une image, raconter une trajectoire”

Association marocaine du footgolf

Participer à une Coupe du Monde, ce n’est pas seulement jouer, c’est représenter un pays, porter une image, raconter une trajectoire, c’est aussi, pour un sport comme le footgolf, une opportunité unique de se faire connaître, de susciter des vocations, et de créer une dynamique positive autour de ce sport, qui révolutionnera demain peut-être les greens de notre cher royaume.

Et si on ne regardait là où personne ne regarde encore ?

Le footgolf marocain ne demande pas grand-chose, pas des millions, pas des promesses irréalistes, mais juste un peu d’attention, un peu de soutien et un peu de curiosité.

“Au Zimbabwe, ils étaient sept à défendre les couleurs du Maroc avec le footgolf, demain, ils seront peut-être soixante-dix, sept cents ou sept mille”

L'association marocaine de footgolf

Parce qu’au fond, l’histoire des sept Marocains au Zimbabwe, ce n’est pas seulement une anecdote sportive. C’est une démonstration simple : avec de l’engagement, de la solidarité et une vision, on peut faire émerger quelque chose de nouveau.

Au Zimbabwe ils étaient sept, demain, ils seront peut-être soixante-dix, sept cents ou sept mille. À condition que quelqu’un, quelque part, décide de regarder dans cette direction.

Pas parce que c’est déjà grand.

Mais justement parce que ça ne l’est pas encore.

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