Pourquoi plus d’un célibataire marocain sur deux ne veut pas se marier

Plus de la moitié des célibataires marocains déclarent ne pas vouloir se marier, selon l’Enquête nationale sur la famille 2025 réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Derrière ce chiffre, le HCP met en évidence le poids des contraintes économiques, mais aussi l’évolution des aspirations et des trajectoires de vie. Les détails.

Par

Yassine Toumi / TelQuel

C’est un chiffre qui dit beaucoup sur les transformations en cours dans la société marocaine. Selon l’Enquête nationale sur la famille 2025 (ENF 2025), introduite le 8 avril à Rabat par le haut-commissaire au Plan (HCP) Chakib Benmoussa, 51,7% des célibataires âgés de 18 ans et plus déclarent ne pas souhaiter se marier, soit plus d’un célibataire sur deux.

Un résultat qui tranche avec l’image d’une société où le mariage reste une norme quasi-universelle, et qui reflète des réalités économiques, sociales et générationnelles complexes. Cette deuxième édition de l’ENF, après une première publiée en 1995, constitue une radiographie inédite de la famille marocaine contemporaine.

Le refus du mariage ne se distribue pas uniformément dans la population. Il est d’abord générationnel : chez les 18-24 ans, ce sont près de deux tiers des célibataires (64,6%) qui déclarent ne pas envisager de se marier. Une situation que le rapport associe largement à “la poursuite des études et à la dépendance économique”.

Mais ce renoncement ne disparaît pas toujours avec l’âge. Il concerne encore 40,4% des célibataires de 25 à 39 ans et 36% de ceux âgés de 40 à 54 ans. Et au-delà de 55 ans, âge à partir duquel le HCP parle de “célibat définitif”, une majorité de 67,6% des célibataires n’ont toujours pas l’intention de se marier.

Le refus du mariage est aussi genré : il est nettement plus fréquent chez les hommes (59,8%) que chez les femmes (40,1%). Et urbain : 53,8% des citadins rejettent le mariage, contre 47% en milieu rural. La ville, avec ses rythmes de vie, ses coûts et ses nouvelles sociabilités, semble redéfinir plus vite le rapport à l’institution matrimoniale.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 1000 numéros de TelQuel numérisés
Déjà abonné ? Se connecter