Dans les familles marocaines, la religion recule face à l’intime

La famille marocaine change de boussole : moins dictée par le religieux, davantage guidée par des choix rationnels, individuels et pragmatiques, selon les résultats de la dernière Enquête nationale sur la famille, réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et rendue publique le 8 avril.

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Une famille marocaine passe devant la mosquée Hassan II à Casablanca, en 2023. Crédit: Unsplash

Il aura fallu attendre trois décennies pour que le Maroc renouvelle son regard statistique sur la famille. Entre la première enquête nationale de 1995 et celle de 2025, le royaume s’est métamorphosé, ses habitants aussi, et avec eux le système de valeurs qui cimentent les relations au sein de la société… à commencer par le plus petit maillon : la famille. L’urbanisation accélérée, l’allongement des parcours scolaires, la révolution digitale, les transformations du travail et du logement… autant de dynamiques qui redéfinissent les structures et les rapports sociaux.

Dans cet environnement transformé, la famille demeure un pilier… mais un pilier en mutation. Plus petite, plus nucléaire, plus autonome aussi, la famille marocaine est guidée dans ses choix individuels et collectifs par de nouveaux référentiels normatifs. Le HCP le révèle dans son Enquête nationale sur la famille (ENF 2025) publiée le 8 avril.

Ce document précieux montre que la société marocaine ne se définit plus prioritairement à travers le prisme du religieux, mais par des valeurs plus pragmatiques, universelles, et surtout plus individualisées.

La religion descend dans la hiérarchie des valeurs

Les chiffres révélés par l’ENF 2025 démontent bien des certitudes. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le religieux n’est pas aussi décisif dans l’intimité des foyers. Car, lorsqu’on demande aux Marocains quelles valeurs ils souhaitent transmettre à leurs enfants, la religion arrive loin derrière. La probité (33,9%), le respect des valeurs familiales (26%) et le sens des responsabilités (12,1%) dominent largement. La foi ou l’attachement religieux, eux, ne recueillent que 8,9% des réponses.

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