Le “Rêve américain” au cinéma, punk-rock et musique marocaine avec Betweenatna... Les sorties de la semaine

nspiré de l'histoire vraie de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, aujourd'hui agents de joueurs stars, Le Rêve américain, un film d’Anthony Marciano, retrace ce parcours rocambolesque avec une énergie communicative et un sens du détail qui évite habilement la caricature. Crédit: DR

Dribble et démesure

Cinéma. Jérémy tient un vidéo-club à Amiens, Bouna fait le ménage à Orly. Aucun des deux ne parle anglais, ni ne connaît quiconque dans le milieu du basket-ball. Pourtant, c’est depuis l’arrière-boutique d’un atelier de couture qu’ils vont se lancer, contre toute attente, à la conquête de la NBA. Inspiré de l’histoire vraie de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, aujourd’hui agents de joueurs stars, Le Rêve américain, un film d’Anthony Marciano, retrace ce parcours rocambolesque avec une énergie communicative et un sens du détail qui évite habilement la caricature. Quatrième long-métrage du réalisateur, il est porté par le tandem Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi : leur complicité à l’écran fait toute la chaleur de cette comédie. Une histoire d’amitié autant que d’ambition, portée par la conviction que la passion et l’audace peuvent suffire à renverser tous les obstacles… Même les plus absurdes.

Du 4 au 21 avril dans les salles de l’Institut français du Maroc.

Jaffa, l’exil fondateur

Cinéma. La Cinémathèque de Tanger – qui rouvre après sa pause annuelle – projette All that’s left of you, film palestinien de Cherien Dabis, présenté au Sundance Festival 2025. Dans la Cisjordanie occupée des années 1970, trois générations d’une même famille portent le souvenir d’un exil fondateur, celui de Jaffa, perdue lors de la Nakba de 1948. Cherien Dabis, qui joue également dans le film, compose une chronique intime : la petite histoire y éclaire la grande. Le récit est servi par un casting d’une authenticité rare : Mohammad, Adam et Saleh Bakri sont père, fils et frère dans la vie comme à l’écran.

Actuellement à la Cinémathèque de Tanger.

L’Histoire des histoires

Théâtre. Auréolé de deux Molière, Le Porteur d’Histoire d’Alexis Michalik s’est imposé depuis sa création en 2011 comme l’une des pièces les plus aimées du théâtre contemporain. Tout part d’un manuscrit ancien dont la découverte déclenche une course effrénée à travers les époques et les continents, sur les traces d’une famille noble disparue sous la Révolution française. Cinq comédiens incarnent une multitude de personnages dans une mise en scène inventive et rythmée : les récits s’emboîtent et les secrets se dévoilent. Un labyrinthe narratif qui célèbre le pouvoir des mots.

Les 8 et 9 avril, au Théâtre Bahnini (Rabat) et au Studio des Arts Vivants (Casablanca).

Entre nous

Concert. Né d’un délire entre amis en 2011, Betweenatna s’est imposé comme l’un des groupes les plus singuliers de la scène alternative marocaine. Réunissant des figures issues de l’underground casablancais, le groupe mêle punk-rock, métal et musique populaire marocaine, le tout porté par des textes en darija oscillant entre humour absurde et critique sociale. Un « supergroupe » qui se prend juste assez au sérieux, et qui revient sur la scène du Boultek.

Le 4 avril au Boultek, Casablanca.

Entre ciel et partition

Concert. L’Orchestre symphonique royal réunit en un même soir deux œuvres du romantisme tardif. Les Quatre derniers Lieder de Richard Strauss, testament d’un compositeur face à la mort, interprété par la soprano Ekaterina Reynal, tandis que la Symphonie n°2 de Rachmaninov referme la soirée dans un souffle orchestral ample et bouleversant. Sous la direction d’Oleg Reshetkin, avec le violon solo de Faiz Kashkarov.

Les 5, 6 et 7 avril au Théâtre Mohammed VI (Casablanca), au Palais des Arts (Tanger), et au Théâtre Mohammed V (Rabat).

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