Six cents millions d’euros, des dizaines de corps de métier, un réseau souterrain à faire sortir de terre : le métro de Lausanne M2 est l’un des plus grands chantiers publics suisses des années 2000.

C’est un Marocain, ingénieur civil diplômé de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui en conçoit la plateforme de gestion des études. Le dispositif recevra le prix Arthur Andersen pour le service public. Retour en arrière.
Les fondations
Arrivé en Suisse à 18 ans, Abdelilah Zertiti intègre l’EPFL en génie civil, spécialisation planification et grands travaux. Sept ans d’études, un diplôme d’ingénieur, puis un doctorat en management de projet et Total Quality Management soutenu en 1997.
“Mon travail de diplôme donnait des résultats prometteurs. Mon professeur m’avait encouragé à le creuser davantage”, raconte-t-il. Sa thèse, consacrée à un système informatique pour la gestion financière des grands projets, attire l’attention : Bouygues tente d’acquérir le logiciel auprès de l’école.
Zertiti, lui, reste après sa thèse comme assistant et chargé de cours pendant près d’une décennie. En 1999, l’État de Vaud le recrute pour le M2. Promu directeur de la Centrale des autorisations de construire, il pilote la dématérialisation des procédures.
Le retour
Après 26 ans en Suisse, l’appel du pays finit par l’emporter. Abdelilah Zertiti rentre au Maroc et intègre Alliances Développement Immobilier comme secrétaire général du groupe, en pleine introduction en bourse. Il y supervise les achats, le PMO, les ressources humaines, le juridique et les systèmes d’information.
“C’était l’occasion de réaliser un rêve. On n’a pas la sécurité du salaire, il faut prendre quelques risques, mais j’avais ça en tête depuis un moment”
Trois ans plus tard, en 2011, il franchit le pas et fonde Zerrod Conseils, spécialisé dans la gestion des grands projets et la gouvernance d’entreprise. “C’était l’occasion de réaliser un rêve. On n’a pas la sécurité du salaire, il faut prendre quelques risques, mais j’avais ça en tête depuis un moment”, confie-t-il.
Le Covid mettra le modèle à rude épreuve, mais le cabinet tient bon. Parmi ses mandats récents, Zerrod Conseils accompagne l’ONCF dans la construction du technicentre industriel 4.0 de Zenata, un chantier de 30 hectares estimé à 1 milliard de dirhams.
Le devoir de transmission
Parmi ses mandats récents, Zerrod Conseils accompagne l’ONCF dans la construction du technicentre industriel 4.0 de Zenata, un chantier de 30 hectares estimé à 1 milliard de dirhams
En 2020, Zertiti crée le CIMES (Collège pour l’Innovation, le Management et l’Économie du Savoir), un institut de formation continue adossé à des partenaires suisses, dont un institut rattaché à l’EPFL et l’Université de Lausanne. “J’avais développé mon réseau professionnel en Suisse, on savait où aller chercher les compétences”, résume-t-il.
Le CIMES propose des masters exécutifs et des formations certifiantes : BIM, management du sport, santé et logistique. Un premier master exécutif en BIM a été lancé avec l’Université euro-méditerranéenne de Fès, un second est prévu cette année. Vingt-six ans après avoir quitté Lausanne, le lien n’a jamais été rompu.
