Le Boualem, l'IA et les bombes qui propagent la paix

Par Réda Allali

Face à l’avalanche absurde de tourments divers qui nous menacent, le Boualem s’est donné pour mission de diffuser de la bonne humeur. Multiplier les calembours, produire de la légèreté… au point où nous en sommes, il faut prendre ce qu’on peut.

“Il fut un temps, pas si lointain, où nous rêvions d’un monde meilleur. […] Aujourd’hui, le plus utopiste d’entre nous se contente d’espérer que le monde reste à peu près comme il est. Voilà où nous en sommes, les amis, contraints d’espérer juste un match nul”

Zakaria Le Boualem

Le monde va mal, les amis. Le Boualem est formel : nous courons à notre perte, à vive allure, lancés tel un troupeau de gnous vers un sinistre chaos. Il fut un temps, pas si lointain, où nous rêvions d’un monde meilleur. Nous comparions alors, tels des Grecs en toge, les différentes formes de gouvernance, nous imaginions la meilleure manière de préserver la dignité des humains, d’élever leur âme vers les lumières de la félicité… Ce genre de niaiseries. Aujourd’hui, le plus utopiste d’entre nous se contente d’espérer que le monde reste à peu près comme il est. Voilà où nous en sommes, les amis, contraints d’espérer juste un match nul.

Car nous sommes cernés. Le danger est partout. Il y a, pour commencer, ce diable numérique caché sous le vocable trompeur d’ « intelligence artificielle”. Il nous promet la débilité collective, la rupture du lien social, la disparition de la vérité et l’uniformisation de la pensée, et tout cela à très court terme. Les réseaux sociaux ont déjà cramé les cerveaux de nos enfants, et voilà que ceux qui ont échappé à cet abrutissement narcissique vont se taper de plein fouet le fléau Chat GPT et son armée d’hydres de l’enfer. Nous errons dans l’espace virtuel, tels des malheureux, livrés à une cohorte de spectres qui décident pour nous, c’est d’une tristesse infinie. Même la musique, vient-on nous expliquer, sera exclusivement produite par ces infatigables démons, autant dire qu’on va se taper des moments très difficiles. Oui, oui, pire encore que la pop nationaliste à drapeaux qui nous a mangé la tête lors de cette dernière décennie.

Mais ce n’est pas tout, les amis. Il y a la guerre, carrément. C’est parti, le coup d’envoi a été lancé, le feu d’artifice a démarré. Et à l’angoisse générée par les images qui se succèdent sur nos téléphones, il faut ajouter la colère d’être pris pour des calamars, puisque l’Empire aime nous expliquer que c’est la paix qu’il propage à coup de bombes. Il n’y a qu’une seule attitude responsable face à cette avalanche absurde de tourments divers : diffuser de la bonne humeur. Telle est la mission du Boualem dans le reste de cette page. Multiplier les calembours, lancer quelques mots d’esprit, produire de la légèreté, et, pourquoi pas, quelques pas de danse. Au point où nous en sommes, il faut prendre ce qu’on peut. Et surtout, donc, insister sur les bonnes nouvelles. Allons-y.

Sachez donc, chers lecteurs, que le Maroc a enregistré une performance historique dans les exportations d’avocats – on parle du fruit, c’est très beau. Imaginez un peu : les avocats marocains ont été expédiés vers 27 pays, on répète qu’il s’agit du végétal, même si l’humain aurait été plus drôle. Mais, dans la galerie de nos exploits, il y a mieux : les choux de Bruxelles, mesdames et messieurs. Selon Le Matin du Sahara : “Avec 32 600 tonnes exportées pour plus de 14 millions de dollars de revenus, les expéditions de choux de Bruxelles ont augmenté de 10% sur un an et ont été multipliées par 8,5 depuis 2020”. Pour les gens que le sujet passionne, apprenez que La Mauritanie constitue de loin le premier client, avec 60,9% des expéditions, suivie du Sénégal qui en absorbe 23,3%. Tout de suite, on respire mieux. On n’ose pas parler de la tomate, de peur de basculer dans l’euphorie, mais il faut savoir que “les exportateurs marocains exportent des tomates vers 44 pays. À titre de comparaison, il y a six ans, cette liste était presque deux fois moins longue et ces légumes (oups) étaient fournis à 24 pays”.

C’est tout pour la semaine, et merci.

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