27 février 1980
La date est très symbolique puisqu’elle coïncide avec la création de la RASD. Pour son 4e anniversaire, elle reçoit un cadeau inespéré de la part de l’Iran des Mollahs : Téhéran reconnaît officiellement l’entité séparatiste.
En exil en France, Khomeini y avait noué des contacts avec le Polisario. En 1981, l’Iran permettra même aux séparatistes d’ouvrir une représentation diplomatique à Téhéran. Le Maroc décide alors de ramener au strict minimum la présence de ses diplomates en Iran avant de rompre ses relations avec le régime iranien.
22 janvier 1984
Hassan II, en sa qualité de Commandeur des croyants, excommunie Khomeini lors d’un célèbre discours télévisé. À l’époque, le Maroc vit au rythme de soulèvements sociaux et le monarque défunt accuse les Iraniens d’être derrière.
Lors de ce discours, il exhibe les portraits de Khomeini saisis dans le royaume. Au passage, Hassan II accuse Khomeini d’avoir tenté de saboter le Sommet islamique programmé à Casablanca.
Janvier 2001
Une première tentative de dégel. Abderrahmane Youssoufi, Premier ministre, effectue une visite à Téhéran à la tête d’une importante délégation avec, à la clé, la signature d’une série de conventions de coopération. Avant cette visite, en mars 1999, Hassan Rohani, numéro 2 du parlement iranien, avait été reçu en grande pompe à Rabat. Les relations bilatérales rétablies ne seront pas suivies d’un décollage des échanges économiques entre les deux pays.
6 mars 2009
Le Maroc décide à nouveau de rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran. Cette fois, Rabat invoque, pêle-mêle, l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures de Bahreïn, un allié de premier ordre pour le Maroc, et le prosélytisme chiite dans un royaume sunnite depuis des siècles.
L’Iran est accusé d’avoir tissé une toile, au Maroc et en Afrique de l’Ouest, à travers des canaux culturels, sociaux et confessionnels. Début 2014 connaîtra un nouveau rétablissement des relations entre Rabat et Téhéran, mais sans une réelle ouverture ou contacts bilatéraux soutenus.
Mai 2018
Le Maroc, qui rompt à nouveau ses relations avec l’Iran, accuse la République islamique de soutenir le Polisario par le biais du Hezbollah. L’Iran et son proxy libanais sont accusés d’avoir armé et entraîné les séparatistes du Polisario sur le territoire algérien, dont ils ont fait une base logistique.
Un dossier complet, preuves à l’appui, a été remis par le Maroc au chef de la diplomatie iranienne et d’où il ressort qu’Amir Moussaoui, un diplomate travaillant comme attaché culturel à l’ambassade iranienne à Alger, était le coordinateur de tous ces actes hostiles au royaume. En juillet 2021, Téhéran est accusé d’avoir mené de dangereuses cyber-attaques et des actes d’espionnage contre le Maroc.
Octobre 2024
L’Iran renouvelle son soutien au Polisario au sein de l’ONU. En 2025, il a été établi que les séparatistes basés à Tindouf avaient demandé à l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro d’intercéder auprès de l’Iran pour leur permettre de disposer des drones Muhajer-6 pour les utiliser lors d’attaques contre le Maroc.
Frappes militaires, tensions diplomatiques, flambée du pétrole, routes maritimes bouleversées, marchés financiers sous pression…
La guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis redessine déjà les équilibres géopolitiques et économiques mondiaux.Pourquoi le Maroc condamne-t-il… pic.twitter.com/O8sCIXvGPP
— TelQuel (@TelQuelOfficiel) March 10, 2026
