Mehdi Lahlou : “La question n’est plus l’extension de l’AMO, mais sa viabilité”

La généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) est souvent présentée comme l’une des grandes avancées sociales de la dernière décennie au Maroc. Plus de 25 millions de bénéficiaires, une prise en charge élargie, un discours politique centré sur l’État social… Toutefois, ces chiffres cachent des tensions financières qui s’accumulent et des inégalités d’accès aux soins qui persistent. Pour le professeur à l’INSEA et économiste Mehdi Lahlou, le problème ne réside pas tant dans l’extension de la couverture, que dans la viabilité elle-même du régime. Entretien.

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Censé permettre l’émergence d’une couverture médicale forte, le projet de loi “n’a pas fixé de date limite pour les régimes facultatifs”, souligne l’expert du secteur des assurances Saad Taoujni. Cette inertie “porte atteinte aux principes fondateurs de l’AMO, à savoir l’égalité et la solidarité”, relève notre interlocuteur. Crédit: TNIOUNI/TELQUEL

TelQuel : la Constitution de 2011 garantit l’accès aux soins. Est-ce que cela a réellement transformé la situation ?

Mehdi Lahlou, économiste.Crédit: DR

Mehdi Lahlou : La Constitution de 2011 a inscrit noir sur blanc l’obligation pour l’État de garantir l’accès aux soins, à la protection sociale et à la couverture médicale. C’est un engagement fort, et il faut le reconnaître.

Mais un texte, aussi important soit-il, ne suffit pas à faire fonctionner un système de santé. Il y a une différence entre proclamer un droit et le rendre effectif. Sur le terrain, l’accès aux soins dépend du nombre de médecins, de la qualité des hôpitaux, de la disponibilité des médicaments. Et c’est là que les difficultés apparaissent.

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