C’était la rumeur de cette fin de semaine, qui alimentait les bruits de couloirs de la foire d’art contemporain africain 1-54 et les galeries et bars de Marrakech : le retour sur le devant de la scène de Amine Bendriouich.
Le fashion designer né en 1986 a marqué les esprits dans les années 2000-2010 avec ses looks excentriques et ses défilés et soirées mémorables, entre autres aux Abattoirs de Casablanca et dans la zone industrielle de Sidi Ghanem à Marrakech.
Après quelques années de « disparition » et trois jours de teasing intenses, il a marqué son grand retour samedi 7 février au soir. C’est en effet par lien partagé en boucle via WhatsApp et par bouche-à-oreille que son projet de défilé a été ébruité.
Sur le lien partagé, une page renvoyant vers 4 dossiers comportant des messages énigmatiques : un premier avec son nom écrit en trois langues (français, arabe et amazigh), un deuxième avec une photo de lui cachée par un mystérieux symbole, un troisième comportant un « manifeste » détaillant sa nouvelle collection baptisée « Artisanal » et annonçant la date et l’heure du show, précisant que la localisation serait dévoilée à 21h. Et un dernier avec son visage apparent.
« Conçue à partir de fils tissés à la main depuis plus de 1 000 ans par les femmes de la région de Bzou, enrichie de motifs peints à la main inspirés des groupes de musique marocains des années 60, 70 et 80, et d’échos visuels de la mémoire photographique des années 1920, cette collection raconte une civilisation qui était, qui est, et qui continue de s’écrire », pouvait-on lire dans le manifeste.

Ce n’est donc que le jour J à 21h, soit une heure avant l’ouverture des « portes » et deux heures avant le début du défilé, que le lieu a enfin été révélé : la rue Souk Laksour, en pleine médina, à proximité de la place Jemaa El Fna.
À 22 heures, les derniers coups de balais sont passés dans la rue, des ouvriers s’affairent pour déposer des rangées de petits tabourets en paille de part et d’autre de la ruelle, devant les stores fermés des échoppes. Les mannequins, encore en tenue civile, font leurs derniers essais sur ce catwalk improvisé. L’attente est palpable.
C’est finalement avec une heure de retard que le show commence, devant plus de 300 personnes. Robes amples en lin transparent écru, pastel, ocre ou fluo, coiffes en laine tissée, sweats oversize peints, entre autres, du nom de groupes de musique marocains, bijoux XXL traditionnels en argent… la collection est une ode au Maroc et à son artisanat ancestral. L’attente aura valu la chandelle.
