Plus silencieuses, parfois enveloppées de brume, elles offrent un Maroc d’entre-deux : hors saison, les lagunes marocaines changent d’échelle et de rythme. Les parasols disparaissent, les voix se font plus rares, et l’attention se porte ailleurs. Sur le clapotis de l’eau, les gestes précis des pêcheurs, la trajectoire d’un oiseau au ras de la surface. Ces lieux façonnés par les marées, l’ostréiculture, la pêche artisanale ou les migrations, retrouvent leur fonction première : servir d’écrin à la beauté de la nature.
Les cinq lagunes du Maroc sont d’ailleurs des sites Ramsar (zone humide d’importance internationale). Ce sont de véritables sanctuaires pour la faune, notamment les oiseaux. Voyager dans ces lagunes en automne, en hiver ou au début du printemps, c’est profiter d’un Maroc plus intime.
Marchica, la lagune en renaissance

Située près de Nador, la lagune de Marchica s’étend sur plus de 100 km², ce qui en fait l’une des plus vastes du Maroc. Longtemps dégradée, elle fait aujourd’hui l’objet d’un programme de réhabilitation environnementale ambitieux.
Pourquoi on y va : Pour découvrir une lagune en transition. Bordée par les montagnes du Rif, Marchica offre des paysages spectaculaires, encore peu fréquentés.
Expérience à vivre : Explorer la lagune en kayak ou en paddle en fin de journée, lorsque les montagnes se reflètent dans l’eau de la Méditerranée, et que la lumière décline lentement sur les reliefs.
Où séjourner : Au Marchica Lagoon Resort, pour un séjour confortable, les pieds dans l’eau.
Moulay Bousselham, le sanctuaire des oiseaux

Derrière l’apparente tranquillité du village de Moulay Bousselham se cache l’un des sites ornithologiques majeurs du Maroc : la lagune de Merja Zerga. Elle constitue une étape cruciale sur le corridor migratoire reliant l’Europe à l’Afrique.
Pourquoi on y va : Parce que Merja Zerga est un point chaud de l’ornithologie marocaine. La lagune accueille une diversité exceptionnelle d’espèces liées aux zones humides, particulièrement visibles hors saison, lorsque l’activité humaine ralentit.
Expérience à vivre : Observez les oiseaux. Les flamants roses sont omniprésents, parfois par centaines. Plus rare, le Goéland d’Audouin trouve ici l’un de ses refuges. Découvrez également de nombreux limicoles : Pluvier argenté, Courlis corlieu, Barge rousse… Avec un peu de chance, vous pourrez peut-être observer le timide Hibou du Cap.
Où séjourner : À la maison d’hôtes Vila Béa: du charme, des meubles design et colorés et un emplacement idéal pour accéder à la lagune de Merja Zerga.
Sidi Moussa, la lagune à l’état brut

Au sud d’El Jadida, la lagune de Sidi Moussa reste l’une des plus sauvages du littoral atlantique. Intégrée au complexe lagunaire Sidi Moussa–Oualidia, elle séduit par ses paysages ouverts : dunes, vasières et canaux encore largement préservés de l’urbanisation.
Pourquoi on y va : Pour son isolement, son calme et sa richesse écologique. Peu aménagée, la lagune est un refuge privilégié pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs et hivernants, notamment flamants roses, aigrettes et échassiers, visibles surtout hors saison.
Expérience à vivre : Une sortie d’observation ornithologique au lever du jour, lorsque la lumière rase révèle les vols d’oiseaux et la géométrie mouvante de la lagune, accompagnée par un guide local.
Où séjourner : Chez Azalai Azyar Lagoon House, une adresse confidentielle posée au bord de l’eau, un refuge en harmonie avec le paysage.
Oualidia, la lagune nourricière

Protégée par un cordon dunaire naturel, la lagune de Oualidia, à quelques km au sud de celle de Sidi Moussa, forme un bassin calme, presque immobile, de plus de 12 km de long. Depuis plusieurs décennies, elle est le cœur de l’ostréiculture marocaine, fournissant huîtres et palourdes à une grande partie du pays.
Pourquoi on y va: Parce que Oualidia est une lagune habitée, travaillée, façonnée par l’homme sans avoir perdu son équilibre naturel. Hors saison, le village retrouve une douceur rare, propice à l’observation des nombreux oiseaux qui y trouvent refuge (flamants roses, hérons, cigognes…).
Expérience à vivre : Découvrir le surf ou le paddle en toute sécurité, sur des vagues adaptées aux débutants. Accompagner un ostréiculteur lors de la levée des casiers à huîtres, puis assister à l’ouverture des coquillages sur place, face à la lagune. Et les déguster bien sûr.
Où séjourner : La Sultana Oualidia, pour une lecture plus luxueuse du lieu, ou dans une des jolies maisons d’hôtes du village.
Dakhla, la lagune blanche

Entre désert et océan, la lagune de Dakhla s’étire sur des dizaines de kilomètres, offrant un paysage presque irréel. Si elle est mondialement connue pour les sports de glisse, elle révèle hors saison une dimension plus silencieuse et contemplative.
Pourquoi on y va : Pour la sensation d’immensité, la pureté de la lumière et le contraste saisissant entre le sable clair, l’eau et le ciel.
Expérience à vivre : Si le kitesurf ne vous tente pas, la lagune est également un centre important d’ostréiculture, avec des huîtres réputées pour leur qualité, élevées dans des conditions naturelles exceptionnelles. A déguster !
Où séjourner : Dans un des écolodges qui bordent la lagune. L’Océan Vagabond, par exemple, s’intègre bien dans le paysage et privilégie énergies renouvelables et cuisine locale.
