CAN 2025 : chronique d'une “lune de miel” brisée entre le Maroc et l'Algérie

Du “khawa khawa” initial aux accusations de complot, ces trois dernières semaines ont vu l'euphorie fraternelle céder la place, au fil des matchs de la CAN, aux controverses et à la tension entre supporters marocains et algériens. Récit d’une bascule progressive, entre terrain et écrans.

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Plusieurs heures avant le début de la rencontre Algérie-Soudan, les supporters algériens soutenus par des Marocains étaient déjà prêts, aux abords du stade Moulay Hassan de Rabat, pour lancer les festivités. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

Lorsque la CAN 2025 s’ouvre au Maroc, l’ambiance est à la fraternité. Devant le stade Moulay El Hassan de Rabat, avant le match inaugural de l’Algérie contre le Soudan le 21 décembre dernier, le slogan « L’Algérie et le Maroc, khawa khawa » (des frères, ndlr) résonne dans toutes les rues. Cette expression en arabe dialectal s’imposait alors comme le leitmotiv d’une compétition qui semblait pouvoir transcender les tensions diplomatiques.

Les témoignages d’Algériens venus de France ou d’Espagne convergent : l’accueil marocain les surprend agréablement. “On a été bien accueillis, ça fait plaisir. C’est une première au Maroc”, nous confiait Rostom, arrivé de Paris. Son compatriote Adel renchérissait avec émotion : “Vraiment un grand cœur, les Marocains. L’hospitalité… Franchement, rien à dire. On se sent vraiment comme chez nous !”.

Dans les tribunes, les drapeaux des deux nations se mêlent. Des familles mixtes maroco-algériennes venues de Toulouse entonnent tour à tour “Viva l’Algérie” et “Dima Maghrib”. Des jeunes femmes marocaines, maquillées aux couleurs algériennes, scandent leur soutien aux Fennecs. Même le café est parfois offert par des inconnus aux supporters visiteurs.

Les premières fissures

Pourtant, dès les jours précédant l’ouverture, un incident préfigure les tensions à venir. À l’hôtel Marriott de Rabat où loge la sélection algérienne, un portrait officiel du roi Mohammed VI a été dissimulé derrière un rideau. Le geste, perçu comme délibérément provocateur, circule rapidement sur les réseaux sociaux marocains.

Les médias publics algériens adoptent, de leur côté, un traitement singulier de cette CAN. Dans leurs contenus, la mention du Maroc en tant que pays hôte est souvent évitée, tandis que certains choix éditoriaux, comme la réalisation de plateaux ou de duplex depuis des lieux peu identifiables ou atypiques, donnent le sentiment d’une volonté de limiter la mise en valeur du cadre et de l’organisation de la compétition. Ces images ne manquent pas d’atterrir sur les réseaux sociaux.

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