Fin décembre 2008, lorsque Casa Negra, le deuxième long-métrage de Nour-Eddine Lakhmari, sort dans les salles marocaines, c’est une véritable révélation. A 47 ans, le cinéaste peint la ville blanche en noir. C’est percutant et moderne, jamais Casablanca n’avait été filmée ainsi. En 2012, puis 2017, le cinéaste rempilait avec Zéro et Burnout, les deux autres volets de sa trilogie, qui a marqué le cinéma marocain post-années 2000. S’il est pourtant originaire de Safi, Lakhmari est indéniablement un réalisateur casablancais. Dès lors, il n’était pas étonnant que 2M lui confie, il y a quelques années, la réalisation de Ana bidaoui, un documentaire tourné en quatre épisodes sur l’histoire de Casablanca, vue et racontée par ses habitants. Entre témoignages, souvenirs et expertise historique, Lakhmari avait fait le choix de braquer sa caméra sur le comédien Abderrahmane Berradi, sillonnant la ville avec une valise à la main.
