À bientôt 60 ans et une centaine de films au compteur, Sergi López reste un acteur inclassable. Catalan d’origine, il a travaillé avec les plus grands réalisateurs des deux côtés de l’Atlantique. Dans Sirãt, son premier tournage au Maroc, il incarne un homme perdu dans le désert aux côtés de son fils, dans un film qui divise autant qu’il fascine. Présenté à Cannes, ce long-métrage d’Oliver Laxe a décroché la Palme d’Or et poursuit son odyssée aux USA où il représentera l’Espagne à la prochaine cérémonie des Oscars.
Rencontre avec un acteur qui a fait de son syndrome de l’imposteur un puissant moteur créatif, et de son humilité un infaillible allié. Sergi López a répondu aux questions de TelQuel lors d’une projection spéciale de Sirat, organisée à Rabat par la Cinémathèque marocaine et l’Institut français.
Plusieurs critiques affirment que Sirãt secoue plus le corps que l’esprit. Êtes-vous d’accord avec cette analyse ?
Oui, je suis tout à fait d’accord. C’est un film qui bouscule, c’est indéniable. On a fait pas mal d’avant-premières et on est allés voir le public après les projections. Je n’ai jamais vu ça dans un film. Même des gens qui n’ont pas aimé au premier visionnage ont vécu quelque chose de très profond.
