Ce qu’on veut, c’est que le public nous soutienne vraiment. S’ils ne viennent demain que pour attendre la mi-temps et manger les petits fours, on n’a rien à faire d’eux », a déclaré le coach samedi au complexe Moulay Abdellah, lors de la conférence de presse d’avant-match face aux Comores.
Dans un message direct et sans détour, Regragui a comparé l’ambiance attendue au stade à celle des clubs marocains : « Comme je dis souvent aux joueurs, s’ils arrivent à m’entendre sur le terrain, c’est qu’il n’y a pas d’ambiance. Lorsque j’étais au Wydad, mes joueurs ne m’entendaient pas sur le terrain. La pression doit être positive », a-t-il assuré.
Le technicien marocain a assumé pleinement le statut de favori du Maroc, tout en soulignant le défi qui attend son équipe. « On ne se cache pas, on est favoris. Par contre, le pays pour qui ça va être le plus difficile de gagner, c’est le Maroc. Tout autre résultat à part la victoire, ils vont dire qu’on a échoué », a-t-il reconnu.
Près de deux ans après l’élimination lors de la dernière CAN en Côte d’Ivoire, les Lions de l’Atlas s’apprêtent à vivre leur grand rendez-vous continental à domicile. « Ça fait presque deux ans qu’on travaille pour ce grand jour. Aujourd’hui, le Maroc organise la Coupe d’Afrique à la maison et on connaît notre responsabilité demain pour le match d’ouverture », a expliqué Regragui.
« Une nouvelle ère » pour le foot national
Le sélectionneur national a rappelé la transformation de la mentalité du football marocain. « Depuis que je suis arrivé dans cette sélection, je voulais changer la mentalité du supporter marocain et la perception du foot marocain. Avant on était moins exigeants, on célébrait lorsqu’on était qualifié au Mondial ou qu’on faisait un nul avec l’Espagne », a-t-il estimé. Et d’ajouter : « Et en 2022, un fou comme moi est venu et leur a dit qu’on pouvait gagner la Coupe du monde avec la Niya. Maintenant, nous sommes dans une nouvelle ère, un nouveau Maroc« .
Achraf Hakimi, présent à ses côtés, a souligné le caractère particulier de cette édition : « C’est ma quatrième CAN, je suis un ancien maintenant. Mais c’est une CAN différente, c’est spécial. C’est une CAN qui se joue à la maison, dans notre pays, avec la famille et tous les Marocains derrière toi. C’est une motivation de plus pour défendre notre pays et donner tout pour ce maillot », a-t-il confié.
Le latéral droit du PSG a confirmé l’objectif clair des Lions de l’Atlas demain, face aux Comores : « On doit respecter l’adversaire. On est prêts pour faire un bon spectacle, pour prendre la victoire et continuer notre objectif de laisser la CAN à la maison ».
Le suspense Hakimi
Indisponible depuis plusieurs semaines en raison d’une entorse sévère de la cheville contractée début novembre contre le Bayern Munich, la participation du capitaine reste incertaine. Walid Regragui n’a pas manqué de saluer son engagement. « Il s’est sacrifié depuis quatre ou cinq semaines comme personne n’aurait pu le faire pour son pays. Il a pris des décisions fortes. En tant qu’entraîneur et en tant que Marocain, je tiens à le remercier devant tout le monde, c’est un vrai exemple », a-t-il fait savoir.

La décision finale tombera quelques heures avant le coup d’envoi demain. « Il me reste encore une nuit pour bien dormir, on va voir s’il débute demain, s’il ne débute pas, si on le protège… Je prendrai ma décision demain », a indiqué le coach national.
Cinquante ans après le dernier sacre en 1976, le Maroc entame ce dimanche son parcours vers un titre continental qui obsède tout un pays. Avec un dispositif inédit de neuf stades et six villes, jamais une CAN n’avait bénéficié d’un tel accueil. Reste à savoir si les supporters répondront à l’appel du sélectionneur national et si les joueurs parviendront à transformer cette pression en énergie positive pour aller jusqu’au bout du rêve.
