La Coupe d’Afrique des nations (CAN) s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. Réunie à Rabat, samedi en début d’après-midi, à la veille de l’ouverture de la CAN 2025, la Confédération africaine de football (CAF) a officialisé une série de décisions structurantes qui vont profondément transformer le paysage du football continental. À commencer par une annonce historique : à partir de l’édition 2028, la CAN ne se disputera plus tous les deux ans, mais tous les quatre ans.
« C’est un jour exceptionnel, un jour historique pour le football africain, et même pour le football mondial », a déclaré le président de la CAF, Patrice Motsepe, quelques minutes après son arrivée à la conférence de presse. La dernière CAN organisée selon l’ancien format sera celle de 2027, prévue au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Valoriser le football africain
Parallèlement à ce changement de calendrier, la CAF a annoncé une revalorisation significative des dotations financières. Le prize money de la CAN passe de 7 à 10 millions de dollars pour le vainqueur. « Nous avons augmenté les prix de la CAN de 7 à 10 millions de dollars. Le pays vainqueur empochera donc 10 millions de dollars », a confirmé Patrice Motsepe.
Selon lui, cette hausse s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à renforcer l’attractivité et la compétitivité des compétitions africaines. D’autres augmentations, concernant la Ligue des champions africaine et la Coupe de la Confédération, ont également été actées, mais ne seront annoncées qu’ultérieurement, après la CAN 2025.
Autre annonce majeure : la création d’une Ligue des Nations africaine, dont la première édition aura lieu en 2028. Inspirée des formats internationaux existants, cette nouvelle compétition se déroulera chaque année durant les fenêtres FIFA, entre septembre et octobre, avec une phase finale en novembre, a précisé le président de la CAF.

L’Afrique sera divisée en quatre zones : une zone Nord regroupant six nations, une zone Est composée de seize associations, une zone Ouest de seize nations également, et une zone Sud, centrale et orientale, réunissant seize pays. L’objectif est de permettre aux meilleurs joueurs africains évoluant en Europe et dans le monde de participer régulièrement aux compétitions continentales. « Cela améliorera et rehaussera considérablement la qualité de nos compétitions », a insisté le président de la CAF, soulignant que ce format favorisera aussi l’attrait commercial, l’arrivée de nouveaux sponsors et un investissement financier accru.
Un nouveau modèle économique
Cette refonte s’inscrit dans une vision plus large, articulée autour du plan d’un milliard de dollars annoncé il y a plusieurs années à Addis-Abeba. Patrice Motsepe a rappelé que l’allocation financière aux fédérations nationales est progressivement passée de 200 000 à 400 000 dollars, avec l’objectif d’atteindre un million de dollars par association.
Une part importante de ces ressources sera consacrée au développement du football de base, notamment les académies de « jeunes garçons et filles », afin de renforcer la compétitivité des clubs africains à l’échelle mondiale. « Notre devoir premier est envers le football africain et les 1,5 milliard d’habitants du continent », a-t-il souligné.
La CAF entend également mieux synchroniser son calendrier avec celui du football international. Patrice Motsepe a salué le rôle de la FIFA, et notamment celui de son président Gianni Infantino et de son secrétaire général Matthias Grafström, présents à Rabat. La Ligue des Nations africaine sera organisée en partenariat avec l’instance mondiale, un levier jugé selon lui essentiel pour attirer des partenaires économiques de premier plan.
Avec une CAN tous les quatre ans et une Ligue des Nations disputée annuellement, la CAF ambitionne de proposer une grande compétition africaine chaque saison. « Grâce à ce dispositif, vous aurez l’équivalent d’une CAN chaque année. Les meilleurs joueurs africains du monde participeront et évolueront au plus haut niveau du football africain chaque année », a ajouté Patrice Motsepe. Une révolution assumée, qui marque un tournant stratégique pour le football africain, à la croisée des enjeux sportifs, économiques et institutionnels.
