Théories de l’apocalypse

Cinéma. Yórgos Lánthimos poursuit son exploration acerbe de la nature humaine avec Bugonia, une fable dystopique dans laquelle l’humanité est vue comme une espèce nuisible. Le cinéaste grec, auréolé du Lion d’or vénitien pour Pauvres créatures, retrouve l’actrice Emma Stone, qui avait livré une performance magistrale dans ce film. Elle campe cette fois-ci une PDG puissante séquestrée par un duo de complotistes, Teddy et Don, convaincus qu’elle orchestre une invasion extraterrestre. La cave mitée de son enlèvement devient le théâtre d’un huis clos délirant. Lanthimos donne à voir la collision entre deux univers antagonistes : celui, clinquant et impitoyable, d’une dirigeante d’entreprise incarnant le capitalisme triomphant, et celui, souterrain et marginal, d’un homme brisé en quête de sens face aux traumatismes qui le hantent depuis l’enfance. Librement inspiré d’un film sud-coréen de 2003, Bugonia dresse le portrait effrayant d’une humanité vacillante, où la frontière entre lucidité et folie s’estompe dangereusement.
Actuellement dans les Megarama.
Sur ma mère

Humour. Elle s’est fait connaître sur les réseaux sociaux en imitant à merveille – et avec beaucoup d’affection – les manies, contradictions et les r roulés de sa mère libanaise. Après un passage à Comediablanca, l’humoriste Coco Makmak revient au Maroc pour présenter son premier spectacle, Big Time. En déployant son art de la parodie à travers une palette de personnages, Coco Makmak nous fait rire des différences culturelles et des labyrinthes identitaires que celles-ci entraînent. Elle-même marquée par l’exil de sa famille en France, au moment de la guerre civile libanaise, elle arbore fièrement sa double culture, sur Instagram comme sur scène.
Les 10 et 11 décembre à la Salle Bahnini (Rabat) et au Studio des Arts Vivants (Casablanca).
Penser le masculin

Exposition. Alors que les débats autour de l’égalité femmes-hommes continuent de traverser la société marocaine, l’association Médias et Cultures livre une rétrospective engagée qui documente dix années de transformations sociales. « De l’ombre à la lumière – des masculinités en mutation » rassemble images, archives et récits pour interroger l’évolution des rapports de genre au Maroc. L’exposition met en lumière les trajectoires de celles et ceux qui réinventent les identités masculines, loin des modèles figés, dans une démarche engagée assumée. Un témoignage visuel nécessaire sur les mutations en cours et les résistances qui persistent.
Du 28 novembre au 10 décembre à l’Institut français de Casablanca.
Gnaoua blues

Concert. Le concert casablancais affiche déjà complet. Avant cela, le groupe Gnawa Diffusion se produira également à Rabat, actant son retour après plusieurs années sur scène, afin de présenter son nouvel album, Rwina, sorti en mars dernier. Formé en 1992 à Grenoble, mené par Amazigh Kateb – le fils du célèbre écrivain algérien Kateb Yacine -, le groupe a très vite rencontré son public, épousant un registre contestataire sur des rythmes gnaoua, rock et funk.
Les 11 et 12 décembre au Théâtre Mohammed V (Rabat) et au Cinéma Ritz (Casablanca).
Vers cosmopolites
Poésie. A Tanger, une soirée poétique vient clore deux journées de réflexion sur les ambitions de la ville du détroit, dans le cadre d’un colloque organisé par l’association Al Boughaz. Poètes et poétesses se répondront en arabe, en français et en espagnol au rythme du luth du musicien Mohammed Haddouchi lors de cette soirée sobrement intitulée “Tanger, la poétesse”.
Le 6 décembre au théâtre Riad Soltane, Tanger.
