Le sourire de Fatma Hassona

Cinéma. En avril 2024, la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi ne parvient pas à se rendre à Rafah. Refoulée à la frontière, elle pense devoir faire une croix sur son projet de documenter en images la vie des Palestiniens sous l’occupation israélienne. Pourtant, quelque temps plus tard, elle entre en contact avec la photojournaliste Fatma Hassona. Le projet prend alors une tout autre dimension : Sepideh Farsi filme ce qui l’entoure – des écrans de télévision, les écrans sur lesquels apparaît Fatma -, et la photojournaliste filme son quotidien. Mises bout à bout, ces scènes forment le documentaire Put your soul on your hand and walk, sorti le 24 septembre dernier. Les deux femmes ne se rencontrent jamais, mais tandis qu’un lien se crée entre elles, une histoire commune s’écrit. « Elle m’a prêté ses yeux pour voir Gaza où elle résistait en documentant la guerre, et moi, je suis devenue un lien entre elle et le reste du monde”, résume la réalisatrice. Fatma Hassona a été assassinée, avec six membres de sa famille, lors d’une frappe israélienne sur sa maison le 16 avril 2025. Son sourire, digne et puissant, illumine le film.
Le 29 novembre à la Cinémathèque de Tanger, les 30 novembre et 2 décembre à l’Institut français de Rabat.
Ondes méditerranéennes
Festival. Du 4 au 7 décembre, l’Institut français de Casablanca accueille la deuxième édition d’Amwaj, festival dédié au podcast, à la création sonore et aux idées qui traversent la Méditerranée. Une cinquantaine d’intervenants venus du Maroc et de France investissent les lieux pour des tables rondes, écoutes collectives et performances live. Parmi les moments phares de la programmation, le grand reporter Omar Ouahmane, qui va décrypter les bouleversements au Moyen-Orient, tandis que l’artiste M’Barek Bouhchichi et la podcasteuse Nawal Benali vont interroger la présence des communautés noires en Afrique du Nord. L’amazighité résonnera à travers l’installation de Badr El Hammami et la rencontre explosive entre Tekchbila et Ahwach Bnat Louz, qui vont fusionner tradition et électronique expérimentale.
Du 4 au 7 décembre à l’Institut français de Casablanca.
Mille et une cordes

Concert. L’Orchestre philharmonique du Maroc propose une relecture audacieuse du Shéhérazade de Rimski-Korsakov, dans lequel l’Orient des contes rencontre un orchestre symphonique. Sous la direction de Wolfgang Doerner, cette partition mythique du 19e siècle s’enrichit des timbres du oud, du qanoun et du nay, instruments qui dialoguent avec les cordes occidentales pour recréer l’atmosphère des Mille et Une Nuits. Deux récitantes prêteront leur voix au personnage légendaire, insufflant en arabe l’émotion et la détermination de cette conteuse qui a sauvé sa vie grâce à son talent. Le concert sera clôturé avec La Valse de Ravel, virevoltante et mélancolique.
Du 2 au 7 décembre à Rabat, Casablanca et Tanger.
60 ans de chansons

Concert. Du haut de ses 83 ans, le chanteur Michel Fugain continue de se produire sur scène. Il revient à Casablanca avec un concert qui condense soixante ans de chansons et de rencontres avec son public. La vie, l’amour etc. est le nom de son 22e album studio, composé de dix chansons originales qui couronnent une carrière musicale entamée dans les années 1960. La scène, ça conserve !
Le 5 décembre au Megarama de Casablanca.
L’amour en trois épisodes

Cinéma. L’uZine reprend sa programmation ciné-débat avec une projection de la trilogie Before de Richard Linklater, acclamée par la critique, et considérée comme l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma contemporain. Chaque opus a été tourné et réalisé à neuf années d’intervalle, le premier étant sorti en 1995. La projection sera suivie d’un débat animé par le duo derrière le podcast Movies b Darija.
Le 29 novembre à l’uZine, Casablanca.
