Face à Victor Hugo

Cinéma. Le réalisateur Eric Besnard signe un face-à-face saisissant entre deux hommes que tout oppose, dans une adaptation centrée sur les premières pages d’un chef-d’œuvre littéraire du 19e siècle : Les Misérables de Victor Hugo. Au sortir de dix-neuf années d’enfermement, Jean Valjean n’est plus qu’un bloc de rage. Rejeté partout où il cherche asile, le forçat libéré trouve une porte ouverte chez Monseigneur Bienvenu, un prêtre accompagné de sa sœur et d’une servante. Dans cette demeure modeste résonne un accueil inattendu, une humanité qui vient fissurer les certitudes de Jean Valjean, qui avait été emprisonné pour avoir volé un pain pour nourrir sa famille. Entre violence accumulée et geste de grâce, le film explore ce moment de bascule où un homme doit trancher : céder à la vengeance ou saisir une chance de rédemption. Dans le film d’Eric Besnard, un huis clos intense interroge notre capacité à croire encore en l’autre.
Les 16 et 20 novembre à l’Institut français de Casablanca.
Sans préjugés
Concert. Dans le cadre du Novembre Numérique de l’Institut français, la scène se transforme en dancefloor avec La Marge, un spectacle hybride proposé par Compagnie A. S’y télescopent musique électronique, théâtre et création visuelle, donnant lieu à un récit immersif autour de l’esprit rave, entre émancipation collective et tensions sociales. Tout commence par un “voyageur du son”, interrompu par un voisin exaspéré : la friction entre liberté et contrôle s’installe. Progressivement, lasers, beats et vidéos enveloppent le public… Jusqu’à ce que la fête dérape. En somme, le spectacle célèbre ceux qui réinventent des espaces de résistance artistique et les préjugés qui entourent la culture techno.
Les 14, 15 et 17 novembre à El Jadida, Tanger et Rabat.
L’homme et la machine

Exposition. Au musée Dar Niaba, les voyages d’Ibn Battouta ont inspiré un ensemble de collages numériques post-figuratifs sur papier, dessinés à la main par Miguel Ripoll, lui-même assisté par l’intelligence artificielle. Le tout forme l’exposition “Un étranger dans votre propre maison”, qui fait dialoguer un artiste, l’un des premiers à s’être intéressés aux machines dès 1999, avec une technologie émergente. Il s’inspire tout particulièrement d’un héritage culturel partagé entre le Maroc et l’Espagne, et interroge les représentations qui découlent de ce passé commun.
Jusqu’au 5 février au Musée Dar Niaba, Tanger.
Funny, isn’t it ?
Humour. Sur scène, Paul Taylor rejoue le vieux match France vs. Angleterre, entre gastronomie, humour absurde et snobisme. Lui est un expatrié britannique installé en France depuis 2009, et s’amuse de la rivalité culturelle entre les deux pays. Il en a tiré la source d’inspiration principale de ces spectacles, dont son quatrième, “F*** me I’m French”, qu’il présente pour la toute première fois à Casablanca… en anglais, mais à la française.
Le 15 novembre au Studio des Arts Vivants, Casablanca.
Un tour au Liban
Spectacle. Pour sa deuxième date marocaine, la chorégraphe Lamia Safieddine et sa compagnie s’arrêtent à Marrakech. Reconnue comme l’une des plus grandes ambassadrices contemporaines de la danse libanaise, la chorégraphe s’entoure de neuf danseuses et interprètes pour rendre hommage au magnifique registre musical et poétique du pays du Cèdre, de Fayrouz à Khalil Gibran, en passant par Ziad Rahbani et Nadia Tueni.
Le 15 novembre au Meydene, Marrakech.
