TelQuel : Qu’est-ce qui a motivé la publication de votre étude, en mai dernier, sur le manque de civisme des Marocains ?
Rachid Essedik : D’abord, il est important de préciser que notre démarche ne consistait pas à publier un rapport sur “le manque de civisme des Marocains”, mais bien à interroger et analyser le comportement civique de nos concitoyens, dans une perspective constructive et non stigmatisante. Nous sommes partis d’une hypothèse positive, en cherchant à comprendre comment les Marocains vivent et perçoivent au quotidien les règles de civisme, ainsi que les comportements qui renforcent ou fragilisent la vie collective.
“Au Maroc, nous avons observé une persistance, voire une aggravation, de certains comportements inciviques”
La publication de cette étude s’inscrit dans une démarche de continuité et de capitalisation des actions du CMC. En 2021 déjà, nous avions réalisé une première enquête qui portait sur les comportements jugés les plus dérangeants dans l’espace public, comme le non-respect de la propreté, les incivilités dans les transports, ou encore certaines pratiques nuisibles à la qualité de vie urbaine. Cette étude pionnière avait permis de dresser un premier état des lieux et d’ouvrir le débat public sur la question, mais elle restait incomplète puisqu’elle se limitait à l’espace public et ne couvrait pas d’autres dimensions du civisme, telles que le respect mutuel, la responsabilité sociale ou la participation citoyenne.
C’est dans cette optique que l’étude de 2025 se présente comme une suite logique, enrichie et actualisée. Deux grandes motivations expliquent son lancement. D’une part, nous avons observé une persistance, voire une aggravation, de certains comportements inciviques. D’autre part, le contexte national et international confère une urgence particulière à ce sujet : le Maroc se prépare à accueillir des événements d’envergure mondiale, notamment la Coupe du Monde 2030, qui mettront à l’épreuve l’image du pays et de ses citoyens, et appellent donc à une mobilisation collective autour des valeurs de civisme, de responsabilité et de respect des biens communs.
En somme, cette étude ne se limite pas à dresser un constat. Elle se veut un outil de réflexion et d’action, qui vise à sensibiliser, à alimenter le débat public et à proposer des pistes d’amélioration pour renforcer la cohésion sociale, améliorer la qualité de vie et préparer notre société aux défis d’aujourd’hui et de demain.
