C’est un drame qui a choqué l’opinion publique. Pendant les célébrations du moussem de Moulay Abdellah, plus important moussem du Maroc organisé cette année du 8 au 16 août près d’El Jadida, un adolescent de 13 ans affirme avoir été drogué et violé collectivement par 14 personnes.
Originaire de Youssoufia, le garçon, orphelin de père et vivant avec sa mère, a été hospitalisé à Marrakech et pris en charge par le dispositif national de psychotrauma, sur instruction de la princesse Lalla Meryem, présidente de l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE). À ce jour, la police a mis la main sur cinq des 14 suspects, parmi lesquels des adultes et des mineurs.
L’affaire a mobilisé les associations de défense des droits humains et des enfants. L’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) s’est portée partie civile, et l’organisation Alternatives pour l’enfance et la jeunesse a réclamé, dans un communiqué, des mesures d’urgence pour sécuriser les grands rassemblements populaires, dénonçant par la même occasion les défaillances structurelles de la protection de l’enfance.
Failles dans le système
Parmi ces défaillances, de nombreuses associations de défense des droits des enfants alertent, depuis des années, sur une incohérence dans la qualification pénale des viols commis sur des hommes ou mineurs de sexe masculin.
En effet, ce type d’agression sexuelle n’est pas considéré comme un viol — terme pourtant utilisé dans le Code pénal, dans l’article 486, pour définir un acte de pénétration sexuelle commis par un homme contre une victime de sexe féminin sans le consentement de cette dernière — mais comme un “attentat à la pudeur”, selon l’article 485 du même Code.
