Suite au drame qui s’est déroulé au cours des festivités du Moussem Moulay Abdellah au cours desquelles un enfant de 13 ans, originaire de Youssoufia, a affirmé avoir été victime d’un viol collectif par 14 personnes, l’organisation Alternatives pour l’Enfance et la Jeunesse a pris la parole dans un communiqué publié le 19 août.
“Ce viol collectif révèle la fragilité des politiques de protection de l’enfance dans un contexte (…) où le corps de l’enfant devient le maillon le plus faible dans la chaîne des relations sociales”
L’Organisation Alternatives pour l’Enfance et la Jeunesse condamne ce crime “avec la plus grande fermeté”, estimant qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé mais d’un symptôme d’une fragilité structurelle dans la protection des enfants.
“Ce crime révèle la fragilité des politiques de protection de l’enfance dans un contexte social et culturel qui favorise la prolifération de tels crimes et reproduit la violence et la domination masculine, où le corps de l’enfant devient le maillon le plus faible dans la chaîne des relations sociales”, assure l’Organisation.
La même source souligne que les rassemblements religieux et culturels, tels que le Moussem de Moulay Abdallah Amghar, deviennent souvent des “zones grises” où le contrôle social s’affaiblit, exposant particulièrement les enfants non accompagnés aux abus, à l’exploitation et à la violence.
L’urgence de renforcer les politiques de protection de l’enfance
Dans son communiqué, l’organisation tient les organisateurs du Moussem pour “entièrement responsables” du manque de sécurité et de protection. Elle réclame également l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante afin de déterminer les responsabilités, et exige des peines exemplaires contre les agresseurs, sans possibilité de grâce ni d’allégement.
Elle appelle également au démantèlement des réseaux de drogue et de prostitution qui prospèrent en marge de ces événements populaires, et propose la création d’un comité national chargé de surveiller les manifestations de grande envergure pour protéger les enfants.
Elle demande aussi le lancement de programmes d’urgence pour la protection des enfants en situation de rue, incluant la prise en charge directe et la réinsertion sociale, ainsi que l’aménagement d’espaces publics sûrs pour les enfants.
L’Organisation Alternatives pour l’Enfance et la Jeunesse affirme enfin que la lutte contre ce phénomène exige des politiques préventives et curatives intégrées, qui redonnent à l’enfance sa valeur humaine et protègent la société contre la reproduction de la violence et de la domination sous des formes encore plus brutales.
