En France, le fléau persistant des mineurs marocains victimes d'exploitation criminelle

En France, 92 % des mineurs victimes d'exploitation criminelle sont des mineurs non accompagnés, principalement originaires d'Algérie et du Maroc, selon le dernier rapport de l'Unicef, publié le 30 juillet. Ces jeunes migrants deviennent les proies de réseaux qui les utilisent pour commettre vols et agressions. Malgré les accords de coopération franco-marocaine, leur rapatriement se heurte au droit français de protection de l'enfance.

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Des mineurs marocains à Sebta. Crédit: Louis Witter/TelQuel

Parmi les mineurs victimes d’exploitation criminelle en France, aujourd’hui identifiés par les associations, 92% seraient des mineurs non accompagnés (MNA), majoritairement originaires du continent africain, particulièrement de l’Algérie et du Maroc. La majorité des personnes victimes serait des garçons ou de jeunes hommes (89 %), a déclaré l’UNICEF dans son dernier rapport « Victimes avant tout : protéger les enfants de l’exploitation criminelle », publié pour la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet. 

Bien que sous-estimée, l’exploitation des mineurs marocains non accompagnés par les réseaux criminels en France constitue un phénomène établi de longue date. Ces jeunes, qui ont quitté leur pays natal dans l’espoir de trouver de meilleures conditions de vie, deviennent des cibles privilégiées pour les recruteurs criminels en raison de leur vulnérabilité. 

“Les exploiteurs séduisent les jeunes en partageant des photos ou vidéos faisant miroiter de l’argent facile afin de les inciter à entrer en contact avec eux”

le Secours Catholique-Caritas France dans le rapport

Leur parcours migratoire les place d’emblée dans une situation de dépendance : ils arrivent généralement sur le territoire français endettés envers leurs passeurs. Ces derniers, utilisant les plateformes numériques comme outils de manipulation, leur ont préalablement vendu l’illusion d’un avenir prospère en France.

“Dans le cadre de l’incitation à commettre des délits, le parrainage est l’un des principaux vecteurs de recrutement. Il s’effectue sur les réseaux (WhatsApp, Instagram, Facebook, Messenger, ou autres…) en utilisant les relations virtuelles entretenues entre connaissances. Les exploiteurs séduisent les jeunes en partageant des photos ou vidéos faisant miroiter de l’argent facile (mise en scène de liasses de billets, bijoux…) afin de les inciter à entrer en contact avec eux”, indique le Secours Catholique-Caritas France dans le rapport.

Cette dette initiale devient alors un instrument de contrôle et d’asservissement, permettant aux exploiteurs de maintenir ces mineurs dans un cycle d’exploitation criminelle pour rembourser des sommes souvent impossibles à honorer dans des conditions normales.

L’affaire des “petits voleurs du Trocadéro” comme cas d’école

Une affaire judiciaire illustre ce phénomène. En janvier 2024, un procès s’est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris. Six ressortissants algériens âgés de 23 à 39 ans étaient accusés de traite d’êtres humains sur des mineurs isolés marocains.

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