Abdessamad Kayouh : “Chaque ville de plus de 100.000 habitants sera connectée au réseau ferroviaire”

Dans cet entretien accordé à TelQuel, Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, revient sur les grands chantiers structurants de son département. Il détaille la stratégie ferroviaire à l’horizon 2030, la feuille de route logistique visant à développer 750 hectares de zones régionales, et défend un plaidoyer fort pour le financement international de la sécurité routière. À la veille de la Coupe du Monde 2030, il affirme une vision d’ensemble articulée autour de la durabilité, de l’intégration territoriale et de l’investissement responsable.

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TelQuel. Vous avez présenté un nouveau plan de modernisation ferroviaire à 96 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Quelles sont les priorités concrètes de ce chantier, et comment comptez-vous assurer sa soutenabilité budgétaire ?

Abdessamad Kayouh. Effectivement, nous avons eu l’honneur de voir ce grand programme lancé sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi. Il s’agit d’un chantier structurant, avec un investissement global de 96 milliards de dirhams, qui vise à transformer le rail en véritable colonne vertébrale de la mobilité durable et inclusive au Maroc. C’est un projet qui répond non seulement aux enjeux climatiques et environnementaux, mais aussi à ceux liés à la co-organisation de la Coupe du Monde 2030.

“Nous allons acquérir 168 trains de nouvelle génération, en intégrant dans cette dynamique le développement d’un véritable écosystème industriel ferroviaire national”

Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique

Concrètement, ce plan comprend plusieurs projets majeurs. On parle d’abord de l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech (430 km à 320 km/h) qui est un axe clé. À cela s’ajoute le développement de services de proximité, comme des lignes type RER, dans les grandes métropoles : Rabat, Casablanca, Marrakech. Nous prévoyons aussi de connecter les infrastructures stratégiques, comme l’aéroport de Rabat, le nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V, ainsi que trois stades qui accueilleront la Coupe du Monde. Et bien sûr, tout cela s’accompagnera de l’aménagement ou de la construction de 40 gares dans les zones concernées.

Sur le volet matériel, nous allons acquérir 168 trains de nouvelle génération, en intégrant dans cette dynamique le développement d’un véritable écosystème industriel ferroviaire national, à l’image de ce que nous avons déjà réussi dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique.

En ce qui concerne le financement, notre approche repose sur trois piliers. D’abord, la diversification des ressources : nous combinons fonds propres, endettement raisonné et autofinancement pour garantir la viabilité du projet. Ensuite, nous comptons valoriser les externalités positives du rail, en matière d’environnement notamment, pour mobiliser des financements internationaux, y compris sous forme d’obligations vertes. Enfin, nous misons sur des partenariats internationaux pour accéder à des financements compétitifs.

C’est une stratégie pensée pour l’équilibre, la pérennité et la création de valeur partagée. Elle allie rigueur budgétaire, attractivité pour les partenaires financiers et alignement avec les grandes priorités nationales.

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