Festival Gnaoua 2025 : Maâlem Hamid El Kasri, l’incontournable 

Il est de toutes les éditions, et chacune semble l’émouvoir comme la première. Le maâlem Hamid El Kasri, icône du festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira, est un artiste profondément passionné par cet art ancestral, dont il veille soigneusement à la transmission. 

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Figure incontournable de la musique gnaoua, Maâlem Hamid El Kasri est l’un des artistes les plus populaires du genre au Maroc et à l’international. Crédit: Festival Gnaoua

On pourrait dire que la scène Moulay Hassan est devenue la sienne : aucune édition du festival Gnaoua n’a lieu sans qu’il ne soit programmé en tête d’affiche. Et pourtant, son émotion est restée intacte à la fin de chaque édition. C’est presque les larmes aux yeux qu’il remercie, à chaque fois, ce public si particulier.

Pour les habitués du festival, sa performance est toujours l’une des plus attendues. Hamid El Kasri, le plus célèbre des maâlems du Royaume, a ce pouvoir de suspendre le temps lorsqu’il fait chanter les foules, même parmi ceux qui ne connaissent pas ses chansons. Artiste ou magicien, quelle différence après tout ? 

El Kasri sur scène 

S’il était venu au monde avec un guembri entre les mains, le résultat n’aurait pas été très différent : à 7 ans, il est déjà formé par les maâlems Alouane et Abdelouahed Stitou à Ksar Kébir, sa ville natale. Descendant d’une lignée d’esclaves soudanais, il puise surtout sa passion pour la musique gnaoua auprès du mari de sa grand-mère. 55 ans de carrière plus tard, c’est toujours un artiste prolifique, addict au studio auquel il se rend presque quotidiennement, multipliant les collaborations avec des artistes internationaux en tout genre.

“Le problème de la langue ne se pose pas : nous arrivons à communiquer par la musique et à travers nos différents instruments”

Maâlem Hamid El Kasri, artiste Gnaoua

Une complicité artistique de longue date le lie d’ailleurs à Karim Ziad, batteur virtuose et directeur artistique du festival, qui partage son goût pour les dialogues musicaux inédits.

Le festival Gnaoua a été le laboratoire de ses collaborations les plus surprenantes, à commencer par celle avec Joe Zawinul en 2004, qui fut un temps le pianiste du légendaire Miles Davis. Une performance désormais gravée dans les annales du festival.

Jazz, funk, gospel, groove… Rien ne lui échappe ni l’effraie, pas même un featuring sur l’album du ténor du rap marocain Don Bigg, en 2022.

Cette année, Hamid El Kasri assurera un concert d’ouverture aux couleurs du Maroc et du Sénégal, aux côtés de la compagnie Bakalama, et des voix de Abir El Abed et Kya Loum. “Le problème de la langue ne se pose pas : nous arrivons à communiquer par la musique et à travers nos différents instruments” expliquait-il, il y a quelques années, à TelQuel.

Transmission

Si l’histoire de Hamid El Kasri est aussi étroitement liée à celle du festival, c’est aussi parce qu’en tant que défenseur de la première heure du patrimoine gnaoua, il est également vice-président de l’association Yerma Gnaoua, créée en 2009 par Neïla Tazi, fondatrice et productrice du festival.

C’est la même association qui a édité une anthologie musicale inédite des gnaouas en 2014, et qui a par la suite œuvré sans relâche pour une inscription de l’art gnaoua sur la liste du patrimoine universel de l’UNESCO.

Une victoire qui fut finalement remportée fin 2019, et célébrée à travers une soirée spéciale co-produite par Yerma Gnaoua et la SNRT : 73 maâlems, venus de tout le Royaume, avaient été réunis à Essaouira.

Dans la continuité du travail réalisé par le festival, qui a su jouer un rôle fédérateur pour les maâlems marocains, l’association a pour principale mission d’œuvrer à la sensibilisation et à l’amélioration des conditions de travail de ces artistes. Ils peuvent compter sur Hamid El Kasri.