Unique au monde, le festival Gnaoua d’Essaouira célèbre la richesse du patrimoine gnaoui en le faisant dialoguer avec les musiques du monde entier. Ainsi, il fait d’Essaouira un carrefour international où traditions et modernité se mêlent dans un esprit de création et de fraternité. Cette année encore, la programmation en est l’illustration parfaite.
Depuis la création du festival, Essaouira a été le théâtre de rencontres mémorables entre les maîtres Gnaoua et des géants du jazz et des musiques du monde, tels que Pat Metheny, Joe Zawinul, Marcus Miller ou encore Oumou Sangaré, Salif Keita et Youssou N’Dour. Le festival a su tisser des passerelles entre les cultures et sensibilités musicales, offrant au public des instants de grâce et de communion rares.
Des fusions inédites…
Pour cette 26ème édition, le festival invite à des fusions inédites. Le concert d’ouverture célébrera l’union entre le Maroc et le Sénégal. Figure emblématique du répertoire gnaoui, Maâlem Hamid El Kasri s’associera à la puissance rythmique de la compagnie sénégalaise Bakalama, l’une des grandes références des danses et percussions traditionnelles d’Afrique de l’Ouest, accompagnée des voix singulières de Abir El Abed (Maroc) et Kya Loum (Sénégal). Ensemble, ils tisseront un pont musical vibrant entre les rives de l’Atlantique, mêlant les traditions de transe marocaine aux polyrythmies complexes des sabars sénégalais. Une ouverture sous le signe de l’Afrique vivante, de la ferveur spirituelle et de l’énergie partagée.
Gnaoua, c’est aussi les fusions qui créent des rencontres musicales inoubliables. Le Maâlem Mohamed Boumezzough explorera de nouveaux horizons en s’entourant de jeunes talents marocains et de musiciens internationaux de renom. À ses côtés, Aly Keïta, maître du balafon venu du Mali, Anas Chlih à la guitare, Tao Ehrlich à la batterie, Martin Guerpin au saxophone, Quentin Ghomari à la trompette et Hajar Alaoui au chant, composeront un orchestre hybride et audacieux. Ensemble, ils réinventeront les codes de la transe gnaoua, mêlant pulsations africaines, envolées jazz et grooves modernes, dans une création placée sous le signe de la fête, de la liberté musicale et de la rencontre.
De puissantes voix féminines à l’honneur
Autre fusion, celle de Maâlem Khalid Sansi et de Cimafunk. Artiste de Casablanca et figure montante de la scène gnaoua, Maâlem Khalid Sansi incarne le renouveau d’un art ancestral qu’il fait dialoguer avec les rythmes du monde. En s’alliant au phénomène cubain du funk afro-latin Cimafunk, il promet de livrer une prestation incandescente entre groove caribéen et transe gnaoua, portée par deux artistes en quête de libération sonore.
Enfin, figure de la nouvelle génération gnaouie, Morad ElMarjan partagera la scène avec l’artiste tunisien Dhafer Youssef, maître du oud et alchimiste du jazz spirituel. Un moment que les organisateurs du festival annoncent déjà comme « suspendu » permettant une conversation entre deux formes d’élévation, où les lignes du guembri dialoguent avec les envolées mystiques du oud.
Les femmes puissantes seront également mises à l’honneur avec les prestations d’Asmaa Hamzaoui. Cette artiste qui réinvente la tagnaouite au féminin, aborde des thèmes profonds comme l’exil, les racines et la mémoire. Sa voix grave, son jeu de guembri assuré et sa présence scénique en font une figure majeure du renouveau gnaoui. Elle partage la scène avec Rokia Koné, chanteuse malienne à la voix puissante et engagée. Venue de Ségou et surnommée « la Rose de Bamako », Rokia Koné incarne la force des grandes voix africaines. Membre des Amazones d’Afrique, révélée au monde avec Bamanan, elle marie racines mandingues et influences modernes avec une intensité bouleversante.-
En plus de leurs fusions, Cimafunk, Rokia Koné et Dhafer Youssef se produiront également en concerts individuels sur la scène Moulay Hassan, lieu emblématique du Festival Gnaoua. Chacun d’eux livrera au public un moment fort et personnel, une immersion dans l’essence de son univers musical.
CKay, artiste attendu de cette édition
Chaque année, Gnaoua accueille, aussi, des artistes de renommée internationale comme Selah Sue, Ayo ou encore l’année dernière le rappeur palestinien Saint-Levant. Le concert qui promet d’être l’un des temps fort du festival, sera certainement, cette année, celui de l’artiste international africain CKay.

Originaire du Nigéria, CKay est l’auteur du tube planétaire Love Nwantiti, qui totalise plus de 6 milliards de streams. Chanteur, compositeur et producteur, il incarne un nouveau souffle de la musique africaine, avec un style unique baptisé Afro-Emo, fusionnant rythmes africains, soul et paroles intimistes. Avec ses albums Sad Romance et Emotions, CKay s’est imposé comme une voix incontournable de sa génération, nommé aux BRIT Awards, aux BET Awards, et double lauréat des BMI Awards.
Chaque année, la citée des alizés accueille plus de 400 000 festivaliers, pendant trois jours de festival au cours desquels les artistes évoluent sur sept scènes.
