Blocage institutionnel : les pharmaciens réclament l’installation urgente de leurs conseils élus

Dans plusieurs courriers adressés au gouvernement, la Confédération des pharmaciens dénonce le blocage de la mise en place de l’Ordre national, faute de décrets d’application de la loi 18-98. Elle appelle le gouvernement à agir sans délai pour sortir la profession de la crise de représentation.

Par

AFP

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a exprimé, dans plusieurs correspondances adressées au Chef du gouvernement, au Secrétaire général du gouvernement et au ministre de la Santé, sa profonde inquiétude face à la crise de représentation que traverse la profession. Elle demande l’application immédiate des décrets d’application de l’article 45 de la loi 18-98 relative à l’Ordre national des pharmaciens.

Dans les lettres obtenues par Al3Omk, la Confédération appelle l’exécutif à assumer ses responsabilités et à « s’engager sérieusement dans la résolution de cette crise, en appliquant les dispositions légales dans les plus brefs délais, au service des pharmaciens et du système de santé ».

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Un retard de plus de 15 mois dans la publication de la loi

Elle déplore un retard de plus de 15 mois depuis la publication de la loi au Bulletin officiel, qualifiant cette inertie de préjudiciable pour le fonctionnement institutionnel et la qualité des services pharmaceutiques, en raison du vide représentatif qu’elle entretient.

La Confédération rejette également l’exclusion des pharmaciens du processus de réforme, dénonçant notamment le décret fixant le prix des médicaments, qu’elle considère comme « illégal » car contraire aux principes de participation citoyenne.

“L’absence d’application de l’article 45 revient à geler la volonté des pharmaciens d’élire leurs représentants et d’exercer leurs droits constitutionnels”

La Confédération des syndicats des pharmaciens

Elle affirme que la loi 18-98 constitue un acquis structurant pour la profession, notamment grâce à la création de conseils régionaux alignés sur le découpage administratif du Royaume. Cependant, l’absence des textes d’application de l’article 45 empêche toujours la mise en œuvre de cette organisation, ce qui revient selon elle à « geler la volonté des pharmaciens d’élire leurs représentants et d’exercer leurs droits constitutionnels ».

Un Ordre sera chargé de veiller à la déontologie de la profession

L’article 45 prévoit en effet la création, par décret, de plusieurs conseils sectoriels et régionaux chargés de regrouper l’ensemble des pharmaciens exerçant dans leur zone géographique, incluant les titulaires d’officine, les pharmaciens adjoints et les responsables de stocks en établissements privés. Si le nombre de pharmaciens dans une région est insuffisant, ils sont rattachés au conseil régional le plus proche.

Par ailleurs, l’article prévoit aussi la création de conseils dédiés aux pharmaciens de l’industrie pharmaceutique, de la distribution en gros, ainsi qu’aux biologistes exerçant dans les laboratoires d’analyses médicales.

Selon l’article 99, une commission provisoire doit organiser les premières élections, composée du président actuel du Conseil national, de deux membres désignés par ce dernier, et de trois représentants nommés par l’administration.

Une fois installé, l’Ordre aura pour mission, selon l’article 4, de représenter la profession, d’assurer le respect des règles déontologiques, de veiller à la qualité des soins, de délivrer les autorisations d’exercice, et de défendre les intérêts des pharmaciens. Il pourra aussi se constituer partie civile en cas de violation des règles encadrant la profession.

Enfin, la loi impose à l’Ordre un strict devoir de neutralité : il lui est interdit de traiter de sujets politiques, religieux, ou d’exercer toute activité syndicale.