Abdellatif Ouahbi, une robe noire politique à la tête du ministère de la Justice

C'est à un avocat au CV politique bien rempli que revient le stratégique ministère de la Justice. Mais Abdellatif Ouahbi sait très bien enfiler sa robe noire d'avocat pour se défendre.

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C’est désormais à la Place Mamounia qu’Abdellatif Ouahbi a vissé sa plaque. Le sexagénaire devrait être à l’aise dans le fauteuil des bureaux du ministère de la Justice à Rabat. Non loin de son cabinet implanté dans la capitale depuis 1993, cet avocat pourra faire valoir, au cours des réunions, son expérience au sein de la Commission de la Justice à la Chambre des représentants de la législature sortante.

Les premières ficelles du métier d’avocat, Abdellatif Ouahbi les apprend à la fin des années 1980, au sein du cabinet d’Ahmed Benjelloun, le frère cadet d’Omar Benjelloun (un des fondateurs de l’USFP). Auprès de ces militants de gauche convaincus, l’avocat entame son engagement politique, d’abord au sein de l’USFP puis du le Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS) jusqu’en 2010.

Son expérience de militantisme politique l’amène ensuite à rejoindre les rangs du Parti authenticité et modernité (PAM). Un pari gagnant puisqu’Abdellatif Ouahbi est élu député de la circonscription de Taroudant, son fief électoral en 2016. Ce vieux routier de la politique conduira même le groupe du parti du tracteur au sein de la Chambre des représentants. Mais un autre destin l’attendait au sein de la formation politique alors présidée par Hakim Benchamach.

En politicien madré, Abdellatif Ouahbi cultive ses accointances politiques et prend la tête de la fronde contre Benchamach contre lequel il veut incarner un courant réformateur. Fort du soutien affiché et décisif de Fatima Ezzahra El Mansouri, la présidente du conseil national, Ouahbi remporte l’élection au secrétariat général lors du très houleux 4è congrès du PAM.

Rien ne prédestinait Ouahbi à entrer dans un gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Lors de la campagne, la robe noire a déployé toute sa faconde de prétoire pour accuser ouvertement le RNI de fausser la campagne électorale avec l’utilisation massive de l’argent. C’est pourtant avec ce parti qu’il a composé la coalition qui l’a installé au poste de ministre de la Justice.

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