Hamid Bouchikhi : “C’est la première fois que les problèmes vécus par les citoyens sont officiellement reçus au plus haut niveau”

Démocratie participative, “zones grises”, affectio societatis, société et Etats forts, domination des élites économiques… au cœur de la conception du Nouveau modèle de développement, Hamid Bouchikhi nous décrypte la lettre et l’esprit d’un rapport porteur de nuances multiples.

Par

Hamid Bouchikhi
Hamid Bouchikhi, membre de la CSMD et doyen de l’université de SolBridge International Business School en Corée du Sud.

Le rapport de la CSMD, remis au roi le mardi 25 mai, parle à la psyché du Marocain, à son rapport à sa terre et à son histoire. Le concept d’Etat fort dans une société forte, décliné dans le préambule, en appelle à l’affectio societatis, c’est-à-dire à ce ciment invisible qui soude les citoyens autour d’une volonté commune de faire nation. Le rapport insiste également sur le rôle d’un Etat centralisateur, fort, régulateur, en somme un Etat  qui se défait de vingt années d’un néolibéralisme ayant exposé les Marocains aux appétits du secteur privé, notamment dans l’éducation et la santé. Sans détour, la CSMD fait l’inventaire des dysfonctionnements qui minent le royaume. Rente, corruption, inégalités sociales, administration peu efficace, mauvaise redistribution des richesses… et émet des propositions à déployer jusqu’en 2035. Or, une question se pose : si l’Etat fort souhaité par la CSMD est…

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