Maroc-Israël : les opportunités d’affaires dévoilées par la Fédération des chambres de commerce israéliennes

La Fédération des chambres de commerce israéliennes (FICC) vient de dévoiler une première liste des opportunités d’affaires destinées aux entreprises marocaines. Une liste allant du secteur de l’équipement informatique ou de la communication à celui de l’agroalimentaire. Les détails.

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Le mémorandum d’entente sur l’innovation et le développement des ressources en eau a été signé, le 22 décembre 2020, par Hammou Bensaadout, directeur général de l’eau au ministère de l’Équipement, et Yechezkel Lifshitz, directeur général du ministère des Ressources en eau israélien. Crédit: MAP

Ce mois d’avril a symbolisé un regain de confiance dans la relation Maroc-Israël. Avec cette liste d’opportunités dévoilée par la Fédération des chambres de commerce israéliennes aux différentes entreprises marocaines, le terrain est déblayé pour une coopération durable.

Une coopération qui avait déjà été actée par la signature, fin mars, de l’accord de partenariat stratégique entre la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), The Israeli Employers and Business Organizations (IEBO), et la Fédération des chambres de commerce israéliennes (FICC).

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Il existe d’innombrables opportunités d’investissement que les secteurs privés marocain et israélien pourraient saisir sur le plan local, régional et international.

NTIC

Le secteur de l’équipement informatique et de la communication fait partie de ces opportunités. En Israël, depuis 15 ans, une “Silicon Valley” s’est développée, avec de nombreuses entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). L’engagement fort et les importantes subventions de l’État ont ainsi fait d’Israël un pôle électronique de premier plan.

Une place aux avant-postes qui fait des produits de haute technologie israélienne la principale composante de la croissance des exportations. Selon l’Association des industries électroniques en Israël (IAEI), 80 % des produits exportés comprennent des composants électroniques et de la technologie de pointe. Une aubaine pour le Maroc qui pourrait ainsi profiter d’une technologie ultramoderne dans le domaine, à un prix raisonnable. En effet, une main-d’œuvre hautement qualifiée et à moindre coût ainsi qu’une législation favorable aux investissements devraient attirer les grands groupes marocains.

C’est ce que vise une entreprise comme PacketLight Networks, proposée dans la liste de la FICC, qui se spécialise dans la fibre optique et les technologies de communication comme le multiplexage en longueur d’onde, qui permet d’augmenter le débit sur une fibre optique en faisant circuler plusieurs signaux de longueurs d’onde différentes sur une seule fibre.

Agroindustrie

Israël est parti ces dernières années à la conquête de la Food Tech, la technologie de l’alimentaire.  Dans un reportage sur Israël et ses 500 entreprises à la pointe de la food tech, Eugene Kandel, ancien président du Conseil économique national israélien et dirigeant de l’ONG Start-Up Nation Central, affirme ainsi que le pays compte environ 500 entreprises dans l’innovation agroalimentaire. Une spécificité due, selon lui, à une solide expérience en agronomie et en gestion de données.

Selon Adiv Baruch, président de l’Institut israélien de l’exportation, dans une conférence au cours de laquelle ont été présentées les tendances les plus récentes dans le domaine des technologies alimentaires et agro-techniques, d’ici 2050, la population mondiale devrait atteindre plus de 9,5 milliards de personnes, ce qui signifie que la consommation alimentaire augmentera de 70 %. Un des moyens de fournir cette quantité de nourriture est d’utiliser des méthodes de technologie alimentaire, or Israël est devenu un important laboratoire en la matière.

Un pas a déjà été franchi par le Maroc dans l’optique d’un rapprochement agroalimentaire avec Israël. L’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) et l’European Kosher ont signé, le 1er avril, un accord pour la mise en œuvre d’une stratégie de labellisation des produits casher marocains. Une labellisation qui pourrait convaincre les startups israéliennes de la Food Tech d’investir dans le marché marocain.

Bawaco Israel Ltd est l’une d’elles. Présente dans la liste de la FICC, l’entreprise est spécialisée dans les procédés agroalimentaires et elle a un savoir-faire dans la transformation des aliments tels que le lait et les fruits, ainsi que l’automatisation.

L’or bleu

Réchauffement climatique, pression démographique, urbanisation : autant de phénomènes qui font que les besoins en eau explosent alors que la ressource se tarit. Selon les Nations Unies, à l’horizon 2050, plus de deux milliards d’individus seront touchés par des pénuries d’eau.

L’eau en devient rare et chère, ce qui aiguise les appétits des financiers. Dans les pays les plus arides de la planète, l’eau en vient même à être considérée comme une marchandise. Industriels et agricoles achètent et vendent de l’eau en Bourse et son prix varie selon la météo. Pour le monde de la finance, l’eau doit être considérée comme une matière première sur laquelle on peut spéculer à sa guise.

C’est dans ce contexte de prédation financière que la gestion de l’eau devient un aspect primordial de gouvernance. Israël a ainsi réalisé, depuis les années 1990, une véritable révolution dans le domaine de l’eau pour faire face au contexte géopolitique tendu.

Différentes techniques ont ainsi été déployées pour assurer une quantité d’eau suffisante disponible, aussi bien pour les habitants des villes que pour les agriculteurs, et ce sur le long terme. L’une d’elles est la technique du goutte-à-goutte. Ayant interdit l’irrigation depuis plus de 50 ans — car souvent synonyme d’évaporation d’eau —, les agriculteurs israéliens utilisent cette technologie pour irriguer leurs cultures de manière efficace.

Pour Seth M. Siegel, entrepreneur et écrivain qui a écrit en 2015 Let There Be Water : Israel’s Solution for a Water-Starved World (Que l’eau soit : une solution israélienne à un monde en manque d’eau), dans un entretien accordé à TelQuel, “l’une des grandes forces d’Israël en matière de gestion de l’eau est que, contrairement à d’autres pays, l’eau est gérée par l’autorité israélienne de l’eau (Israel Water Authority), une structure apolitique et technocrate”. Elle a pour mission de fournir la meilleure qualité d’eau au plus grand nombre de citoyens et à prix bas.

Le Maroc pourrait donc s’enrichir de l’expérience israélienne dans le domaine en signant des partenariats stratégiques et en collaborant pour moderniser les techniques marocaines d’irrigation. Le Maroc a fait un pas dans cette lancée avec la signature, le 22 décembre 2020, d’un mémorandum d’entente dans l’objectif de développer une coopération dans la gestion et l’aménagement de l’eau.

Dans cette optique, le FICC a de son côté proposé aux entreprises marocaines Magelan Planning & Engineering Consulting Ltd, une entreprise à la pointe de l’industrie de l’ingénierie de l’eau et l’un des principaux bureaux de planification dans le secteur de l’eau israélien.

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