#TaAnaMeToo : Jawjab donne la parole aux femmes victimes de viol

À l’occasion du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le studio créatif Jawjab diffuse une websérie, #TaAnaMeToo, qui donne la parole à des femmes victimes de viol. Quatre témoignages glaçants.

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Zainab Fasiki / JAWJAB

Jawjab veut briser le silence autour du viol. Dans une websérie diffusée ce lundi 8 mars, le studio créatif casablancais met en lumière et en dessins des paroles de victimes. Des femmes témoignent, parfois longtemps après les faits, de ce qu’elles ont enduré, au travail, dans le cadre familial, parce que vulnérables, parce que démunies.

Déclinée en quatre épisodes, la websérie #TaAnaMeToo a pour objectif de “donner un maximum de résonance à celles qui ont fait le choix de parler” et “faire en sorte qu’elles soient désormais écoutées par la société marocaine”.

Le viol conjugal – illustrations de Ossama Abbassi

Le viol incestueux – illustrations de Zainab Fasiki

Le viol au travail – illustrations de Meryem Ait Aghnia

Le viol tarifé – illustrations de Nass Reda Fatmi

Omerta

Une sur deux. C’est la proportion de femmes victimes de violence, selon une enquête du ministère de la Famille datant de 2019. Dans 30 % des cas, il s’agissait de viols. Une plainte est déposée dans seulement 6,6 % des cas.

Selon l’article 486 du Code pénal, le viol est défini comme “un acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci”. Reste aux femmes à prouver l’agression sexuelle, et à éviter la double peine d’être condamnées pour relation sexuelle hors mariage, en vertu de l’article 490 qui punit “de l’emprisonnement d’un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles”.

Dans ces conditions, la prise de parole ne peut qu’être rare. “Le recueil des témoignages a pris beaucoup de temps, confirme la journaliste de la websérie, Zaïnab Aboulfaraj. À chaque fois que je m’adressais à telle ou telle association, je me retrouvais confrontée à beaucoup de méfiance, voire à des refus. Les associations avaient peur de faire revivre aux victimes leurs traumatismes. Quand bien même certaines acceptaient, je n’arrivais pas forcément à convaincre les femmes de parler, bien que je leur assurais l’anonymat.

Il faut saluer ces femmes, c’est grâce à elles que cette websérie a vu le jour. Nous ne sommes qu’un haut-parleur”, poursuit Youssef Ziraoui, directeur général de Jawjab, qui est une filiale d’Ali n’Productions, fondée par le cinéaste Nabil Ayouch.

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