Abdelaziz Mouride : la prison, la planche et le crayon

Disparu en 2013, Abdelaziz Mouride, bédéiste marocain, a laissé derrière lui un véritable héritage artistique et graphique. Retour sur le parcours d’un homme engagé au trait poignant.

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Abdelaziz Mouride
Abdelaziz Mouride s’inscrit dans cette lignée d’artistes qui ont su avoir le courage de trouver une fécondité artistique derrière les barreaux d’une cellule nauséabonde. Crédit: DR

Si Choukri était le coup de tonnerre de la littérature marocaine, Mouride était le coup de tonnerre de la bande dessinée marocaine”, résume Kenza Sefrioui, critique littéraire et fondatrice des éditions En Toutes Lettres. Plus qu’un coup de tonnerre, Abdelaziz Mouride est le père marocain de ce neuvième art qui a longtemps dû batailler pour se défaire de son étiquette de simple divertissement pour enfants. Révolutionnaire, Abdelaziz Mouride l’était. Dès les premières années de sa jeunesse à Casablanca, il était animé par la flamme des jeunes marxistes marocains, ceux qui rêvaient d’un Maroc différent. Il participe aux événements du 23 mars 1965 et fait partie des fondateurs du Mouvement du 23 Mars, aux côtés de l’UNEM. Il est arrêté en 1974 et se retrouve emprisonné à Derb Moulay Chérif à Casablanca, puis à Kénitra, en attendant son procès, qui n’aura lieu qu’en 1977. Abdelaziz Mouride est condamné à vingt-deux ans de prison. “C’est…

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