Rabii Ouachi : “La fédération a laissé le libre choix aux propriétaires de hammams de reprendre ou non leur activité”

Le président de la Fédération nationale des associations de propriétaires et gérants de hammams traditionnels et douches au Maroc, Rabii Ouachi, s’exprime sur la réouverture des bains publics.

Au sein des hammams, la mesure de distanciation sociale risque d'être difficile à tenir.

Les hammams sont concernés par la réouverture dans le cadre des mesures annoncées pour la deuxième phase du “plan d’allègement du confinement sanitaire” dès ce jeudi 25 juin, avec un maximum de 50 % de leur capacité d’accueil.

Le président de la Fédération nationale des associations des propriétaires et gérants de hammams traditionnels et douches au Maroc, Rabii Ouachi, a été approché par la MAP pour donner la position de la fédération sur cette réouverture.

MAP : Quelle est la position de la Fédération vis-à-vis de la réouverture des hammams à condition de ne pas dépasser 50 % de leur capacité d’accueil, tout en respectant les mesures de prévention ?

Rabii Ouachi : Les autorités ont dicté plusieurs conditions qui seront presque impossibles à appliquer, notamment le port du masque, moins de 50 % de la capacité d’accueil et la distanciation sociale.

“Les autorités ont dicté plusieurs conditions qui seront presque impossibles à appliquer”

La fédération préfère attendre la réouverture normale des hammams, même si cela va demander beaucoup plus de temps. L’objectif est de préserver la santé et la sécurité des clients parce qu’il s’avère difficile d’appliquer la distanciation sociale. La fédération a laissé le libre choix aux propriétaires de hammams de reprendre ou non leur activité. En revanche, ils doivent assumer leurs décisions.

Il y a une absence de communication de la part des autorités sur la manière d’appliquer ces mesures sur le terrain. C’est pour cette raison que nous avons souligné la nécessité d’ouvrir un dialogue sérieux et responsable.

Quel est l’impact de la pandémie sur ce secteur après un arrêt d’activité de plus de trois mois ?

Le secteur vit une situation difficile qui s’est aggravée avec l’arrêt de l’activité pour une durée de plus de trois mois. Il s’agit du secteur le plus impacté par cette pandémie, ce qui accentuera la crise des professionnels et la précarité de l’emploi.

“Il existe environ 12.000 hammams au Maroc, générant près de 120.000 opportunités d’emplois directs et indirects”

La réouverture va demander des dépenses supplémentaires pour les réparations des dégâts causés par cet arrêt d’activité. La situation requiert une intervention urgente pour sauver ce secteur, notamment le cumul des factures d’eau et d’électricité, le loyer et les salaires dus.

Nous appelons les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires et exceptionnelles en faveur des professionnels de ce secteur pour minimiser les conséquences de cette épidémie, notamment l’amnistie fiscale ou encore bénéficier de prêts sans intérêt en vue de relancer ce secteur.

Avez-vous des statistiques concernant le nombre d’emplois directs et indirects générés par ce secteur ?

Le secteur des bains maures a son importance au sein du tissu économique et social national, et constitue une source de revenus pour plusieurs familles en plus de sa place dans la mémoire collective marocaine.

Il n’y a pas de statistiques précises sur le nombre d’emplois générés dans le secteur, mais il existe environ 12.000 hammams dans les quatre coins du Maroc, lesquels génèrent près de 120.000 opportunités d’emplois directs et indirects. Les emplois directs concernent les propriétaires de l’établissement, les caissiers et le fernatchi, alors que les emplois indirects sont les personnes (kessala et tayaba) qui travaillent avec la clientèle.

(MAP)

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