Shuni, lettre d’une réserve innue

Dans un remarquable texte intimiste, la romancière innue Naomi Fontaine confie 
sa résistance pour revaloriser sa culture.

Enfants, Naomi et Julie étaient inséparables. “Toutes deux, nous étions réservées. Elle par son incapacité à aligner deux phrases sans rougir. Moi par le lieu. Cette réserve qui m’a vu naître et qui m’enracinait.” Puis Julie a suivi son père pasteur vers d’autres horizons et Naomi est restée à Uashat, dans le nord du Québec.

Shuni
, Naomi Fontaine
 , Mémoire d’encrier, 160 p., 220 DH

À Shuni, c’est-à-dire Julie en langue innue, qui n’a pas les sons J et L, elle raconte tout ce qu’elle doit savoir pour quand elle reviendra. À travers cette lettre à son amie d’enfance, c’est un magnifique plaidoyer pour sa culture et son peuple, parqués dans des réserves, enfermés dans des statistiques dévalorisantes et productrices d’échec. “Nous avons longtemps été analysés, sans que jamais personne ne se donne la peine de nous connaître. Julie, je te raconterai tout ce que les chiffres ne disent pas.

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