À 11 ans, Saïd Hamich rejoint son père en France, qui y travaille en tant qu’agriculteur dans les alentours de Bollène, une petite ville du sud-est de l’Hexagone. De ce départ, il garde un souvenir marquant, qui est la première image sur laquelle s’ouvre son nouveau film : la mer immense, vue d’un bateau qui s’éloigne de Tanger. “Je crois que ça a été l’événement le plus marquant de toute ma vie”, confie-t-il.

Pendant cinq ans, il ne reverra plus le Maroc. Il découvre alors le goût amer de la séparation, des visages qui s’effacent et de la langue qui se perd. L’une de ses deux boîtes de production porte le nom de son quartier d’enfance à Fès, Mont Fleuri. Et lorsqu’il se met à la réalisation, son univers cinématographique semble tourner autour du départ et du retour, comme en atteste son deuxième long-métrage, La mer au loin, après son premier long métrage, Retour à Bollène (2017). “Je suis parti du Maroc pour mon père, et j’y suis revenu par le cinéma”, résume le réalisateur.
Sorti en France le 5 février, le film a été projeté le 17 février au nouveau siège de la Cinémathèque nationale à Rabat (il sortira au Maroc dans le courant de l’année), sous un tonnerre d’applaudissements. Un enthousiasme qui s’était également fait ressentir lors de sa projection, durant la dernière édition du Festival de Cannes en 2024, pendant la “Semaine de la critique”. Mais aussi au Festival international du film de Marrakech (FIFM), en décembre dernier. Au détour d’un café, à Paris, Saïd Hamich nous raconte un film, un parcours et une vie qui se sont construits entre ici et là-bas.
