Dans le monde, des initiatives citoyennes pour faire face au coronavirus

Alors que les mesures contre le coronavirus se généralisent dans le monde, de nombreux citoyens, confinés ou non, redoublent d’ingéniosité pour faire davantage société face à la pandémie.

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Sur son balcon, un Italien affiche le message "On reste tous à la maison". Crédit: AFP

Comment tromper la léthargie des jours à venir ? Une question à laquelle certains pays du monde font face depuis des jours, des semaines. Et auquel va devoir également se confronter le royaume. Déclaré en état d’urgence sanitaire, le Maroc est passé sous cloche ce vendredi 20 mars à 18 heures. Le “seul moyen inévitable pour garder le coronavirus sous contrôle”, a justifié le ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié dans la soirée du jeudi 19 mars.

Une mesure exceptionnelle visant à limiter les déplacements de chacun et confiner au maximum les citoyens. Sur le plan individuel, elle oblige tout un chacun à s’y conformer et s’y adapter, pour le bien de tous. Et bien que l’on ne soit pas tous égaux face au confinement, particulièrement dans un pays comme le Maroc, ces moments n’empêchent en rien que société se fasse davantage. Se renforce même.

Un peu partout ont émergé des actes, au départ individuels, devenus progressivement de véritables rendez-vous et actions de citoyens. Souvent spontanés, parfois décalés, ils témoignent d’une certaine solidarité face à l’épreuve, en plus d’égayer de mornes journées. Tour d’horizon.

En Italie, les balcons comme bastions de résistance

Dans le pays le plus touché du monde par la pandémie — 3405 morts à ce jour —, l’Italie vacille. Pourtant, sa population résiste à sa manière, innove et fait preuve d’un civisme exemplaire. Les rues italiennes ont été désertées, tout l’inverse des balcons qui, eux, ne cessent de se remplir.

Symbole de cet afflux, le vendredi 13 mars. À 18 heures ce jour-là, les Italiens ont tous ouvert leurs fenêtres, sont sortis sur leurs balcons et se sont mis à chanter Fratelli d’Italia, l’hymne national, traditionnellement chanté avec fougue dans le pays.

L’un des points de départ d’autres initiatives. Et c’est à Florence, épicentre de la Renaissance italienne — tout un symbole —, que cet élan a également pris. Confinée depuis le 9 mars, les ruelles de la ville on vu le silence forcé rompu par la voix du ténor Maurizio Marchetti.

Le 14 mars, à l’heure du crépuscule toujours, il livre une interprétation de Nessun Dorma (“Que personne ne dorme”), tiré de l’opéra Turandot de Giacomo Puccini. Un air qui raconte la solitude d’un prince, guettant le jour où il pourra s’atteler à conquérir l’amour d’une princesse de glace. Frissons garantis.

18 heures, c’est également le moment pour d’autres de prendre l’apéritif. Et depuis le week-end du 14 et 15, c’est à un DJ italien de défrayer la chronique en proposant des mix depuis son balcon pour faire se déhancher le voisinage. Et comme l’humour n’est pas interdit, c’est sur le son de This is the rhythm of the night que la nuit fut lancée. Un titre devenu culte en soirée et initié par le groupe italien… Corona, en 1993.

En Iran, on fait valoir le chant du peuple

En Iran, troisième pays le plus touché par le virus derrière la Chine et l’Italie, le gouvernement a appelé la population a rester cloîtrée chez elle, le 15 mars. Ce dimanche là, des habitants de Téhéran ont entonné depuis leurs fenêtres l’hymne Ey Iran, un chant écrit en 1946, alors que le pays subissait l’occupation des troupes anglo-soviétiques dans le but de sécuriser les champs pétroliers de l’Anglo-Persian Oil Company.

S’il ne constitue pas l’hymne officiel du pays perse, n’ayant été qu’un temps reconnu comme tel, ce chant reste pourtant celui qui trouve le plus écho dans la population iranienne. Régulièrement repris par les dissidents au régime de l’Ayatollah, il est une alternative connotée d’une aura plus contestataire.

En Espagne, en France et ailleurs, on célèbre les soignants

Face à la propagation de la pandémie, ils sont devenus les héros en première ligne du combat contre le coronavirus. Un travail salutaire et surtout salué dans plusieurs pays du monde. En Espagne d’abord, pays qui a dû faire face à une montée fulgurante des cas d’infections et décès dus au Covid-19.

Le hashtag #AplausoSanitario, rapidement repris par des dizaines de milliers de personnes, a fait sortir les Espagnols le samedi 14 mars pour applaudir le personnel soignant.

Une initiative rapidement reprise en Italie, en Belgique, en Pologne, mais aussi en France. Dès mardi 17 mars, les Français se sont retrouvés sur les balcons pour applaudir également le personnel soignant. Un rendez-vous devenu quotidien depuis, à 20 heures.

La Corée du Sud, un laboratoire efficace et participatif

Une fois de plus, la Corée du Sud s’impose comme un modèle à suivre. Le pays s’est véritablement mis en ordre de marche pour livrer bataille au coronavirus, alors qu’il était à la fin février l’un des foyers les plus extensifs.

Ce vendredi 20 mars, la Corée compte 8.600 cas confirmés. Bien moins que les pays européens. Si le pays n’a pas cédé à la tentation du confinement, les autorités locales ont mis l’accent sur le dépistage de façon gratuite et ouverte, en fabriquant près de 60.000 tests par jour.

Mais l’autre innovation vient de l’initiative citoyenne. Dès la fin février, des Sud-Coréens ont créé des applications mobiles leur permettant de localiser les lieux les plus infectés. Celles-ci recueillent des données à partir de sources publiques et géolocalisent les principaux foyers d’infection sur des cartes.

 

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