Mohamed Arejdal, l'homme à tout défaire

Au Comptoir des Mines Galerie de Marrakech se tient, jusqu’au 7 février 2020, l’exposition “Ressala” de l’artiste natif de Guelmim. Un créateur multi, aux facettes étonnantes d’humilité. Une force de frappe moulée dans la retenue revendicative.

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Projet “Répondre à Lyautey”, 2019. Tirage photographique numérique. Crédit: DR

Une tête en l’air finit par se noyer dans le ciel. Arejdal le sait et cette “noyade” qui le persécute n’a pas d’emprise sur une tête maintenue hors des nuages. Il est l’aiguilleur de sa propre destinée. Béret vissé et barbe à la “What’s on a man’s mind”, il s’emmêle les méninges. Un tracas pour le public qui décide de le suivre avant de réaliser qu’il fait partie de l’œuvre. Voilà qui amuse l’artiste, adepte du non-dit. Car, au lieu de parler, il déstructure la parole. Avec foi et dextérité. Il ne vocifère pas, il murmure. Il ne s’exhibe pas, il suggère. Il est le muet le plus bavard de sa génération : plasticien, installateur, sculpteur, dessinateur, vidéaste, performeur, agitateur… Nous lui avons rendu visite pendant sa résidence au Comptoir et avons découvert une troublante machine à créer.

Berger des arts

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