Gilets jaunes : 514 interpellations à la mi-journée dans une France sous haute-sécurité

Gilets jaunes : 514 interpellations à la mi-journée dans une France sous haute-sécurité

Des blocages contenus et des centaines d'interpellations préventives, voilà le bilan de cette matinée du 8 décembre, attendue sous haute tension alors que le mouvement des "Gilets jaunes" entame son "acte IV". Pour l'heure, les forces de l'ordre ont procédé à 481 interpellations à Paris, dont 272 gardes à vue.

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Manifestation de gilets jaunes. Crédit: AFP

La France à l’heure de l' »acte IV » du mouvement des « Gilets jaunes ». Appelés à manifester, ce samedi 8 décembre, pour le quatrième week-end de suite, les manifestants mettent la France en état d’alerte maximale. La capitale parisienne en tête, où un dispositif inédit a été déployé afin d’éviter les heurts et les débordements qui avaient marqués la journée du samedi 1er décembre, sur les Champs-Élysées qui avait conduit à 412 interpellations.

Ce nombre a déjà dépassé à la mi journée du 8 décembre, avec 481 interpellations à Paris. 272 personnes ont été placés en garde-à-vue, selon le Premier ministre Edouard Philippe. De la place de la Bastille au Champs-Élysées, en passant par la Gare Saint-Lazare où se sont donnés rendez-vous plusieurs syndicats, organisations et figures politiques, la contestation s’est poursuivie contre un gouvernement à l’agonie. La matinée s’est pourtant déroulé dans un calme relatif.

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Sous haute-sécurité

Il faut dire que la capitale française s’est réveillée en redoutant le pire. Dès vendredi, Paris se préparait à encaisser de nouveaux affrontements. Commerces, établissements et musées bunkerisés, concerts annulés, journée de Ligue 1 reportée : tout a été fait pour concentrer au maximum les forces de l’ordre sur un seul et même objectif. 8000 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés sur la seule capitale, 89.000 sur l’ensemble du territoire français. Outre les canons à eau, « une douzaine de véhicules blindés » de la gendarmerie ont également été mobilisés dans la capitale.

À 10h30 du matin, ils étaient près de 1500 gilets jaunes concentrés sur l’artère des Champs-Élysées. C’est l’heure où les premières tensions ont été a signaler. Les premières grenades de gaz lacrymogènes ont été tirés par la police, alors que de nombreux manifestants essayaient de gagner les rues adjacentes à l’avenue pour gagner l’Arc de Triomphe sur la Place de l’Etoile.

Plus au nord de la capitale, tout au long de la matinée, des centaines de gilets jaunes ont afflué par petits groupes sur le parvis de la Gare Saint-Lazare. De nombreux cheminots s’y sont donnés rendez-vous, tout comme des collectifs antifascistes, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ou le Comité Adama. À noter la présence également d’étudiants, qui se sont greffés ces derniers jours au mouvement social. Des cortèges sont attendus au départ de la gare, afin de gagner l’Élysée dans la journée.

Édouard Philippe au coeur de la contestation

Des « Macron démission » ont accompagné les quelques échauffourées qui ont agité Paris. Une cellule interministérielle de crise s’est réunie ce samedi, au ministère de l’Intérieur, avec le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, le directeur général de la sécurité Laurent Nunez, et l’ensemble des préfets concernés.

« Je voudrais une fois de plus remercier tous ceux, responsables politiques, syndicaux, associatifs, citoyens qui ont appelé au calme pour faire en sorte que les Français qui veulent exprimer des revendications ne soient pas mélangés avec ceux qui veulent casser et en découdre avec les forces de l’ordre », a souligné Edouard Philippe.

La veille au soir, le Premier ministre avait reçu sept gilets jaunes à Matignon, pour tenter l’apaisement. « On a vraiment eu un débat, c’était très intéressant, très constructif (…) On a parlé de tout », a assuré Jacline Mouraud, gilet jaune du Morbihan. Même son de cloche chez Benjamin Cauchy, qui a évoqué un Premier ministre « attentif, sérieux, à l’écoute »,  « conscient de la gravité de la situation ».

Opération escargot et soutien au lycéen

Ailleurs en France, les mobilisations se poursuivent également en région. Une vingtaine d’autoroutes sont bloquées et des opérations escargot ont lieu sur plusieurs routes.

À Marseille, entre un et trois milliers de gilets jaunes ont défilés ce matin. Parti du Vieux port, ils se dirigent vers la préfecture. Ailleurs, à Rodez notamment et d’autres villes de France, des manifestants se sont volontairement mis à genoux, pour mimer une scène vidéo devenu virale la veille, où des éléments des forces de l’ordre ont contraint des lycéens à se mettre à genou, les mains derrières la tête.

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