Le Maroc, mauvais élève en matière de recouvrement (étude)

Le leader de l'assurance-crédit, EulerHermes, vient de publier son indice de complexité du recouvrement dans le monde. Voici où il fait bon de faire du business.

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Quels pays offrent aux exportateurs les meilleures chances de recouvrer leurs impayés ? C’est la question à laquelle répond le leader mondial de l’assurance-crédit Euler Hermes à travers son indice de complexité du recouvrement dans le monde.

L’assureur, représenté au Maroc par sa filiale Euler Hermes Acmar, propose d’aiguiller les entreprises dans le choix de leurs destinations d’export. « Nous avons analysé la complexité du recouvrement dans 50 pays, au travers de 3 facteurs : les pratiques locales de paiement, l’efficacité des procédures de recouvrement avant insolvabilité du débiteur, et l’existence d’un dispositif efficace de procédures collectives« , explique le management de la filiale marocaine.

Dans l’index, les pays reçoivent une note comprise entre 0 (le moins complexe) et 100 (le plus complexe), en fonction des modalités de recouvrement pour un pays donné. « La complexité du recouvrement à l’international est un sujet d’intérêt général« , rappellent les auteurs de l’étude.

Il en ressort notamment que la moyenne mondiale est de 51. L’étude d’Euler Hermes montre que même « les économies les plus développées, les marchés les plus dynamiques ou les pays les moins vulnérables connaissent des difficultés en matière d’efficacité du recouvrement« .

« Quel que soit le pays, les formalités à respecter par les créanciers sont très disparates et souvent complexes« , ajoute Euler Hermes. Cela dit, s’il fallait désigner un bon élève, ça serait l’Union européenne, à en croire le leader de l’assurance-crédit.

« C’est en Suède (30), en Allemagne (30) et en Irlande (31) que le recouvrement des créances impayées est le moins complexe« , est-il expliqué. « La France figure dans le Top 10 des pays où le recouvrement est le moins complexe, mais la situation se complique dès lors que le débiteur entre en procédure collective« , poursuit l’étude.

Par ailleurs, c’est du côté du Moyen-Orient et de l’Asie que le recouvrement des créances impayées relève du véritable parcours du combattant. Euler Hermes explique que « le Moyen-Orient est le parfait opposé de l’Europe occidentale. L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis obtiennent ainsi les moins bons scores, avec respectivement 94 et 81 ».

Par ailleurs, « la situation est également compliquée en Asie-Pacifique, qui compte pas moins de 4 représentants parmi les 10 plus mauvais élèves avec la Malaisie (78), la Chine (73), l’Indonésie (67) et la Thaïlande (60)« .

Le Maroc est quant à lui classé parmi les pays où la complexité du recouvrement est très élevée avec une note de 60/100. Il arrive à la 12e position après l’Arabie Saoudite, le Togo, la Russie, ou encore le Mexique. Euler Hermes explique que malgré « la loi n° 32-10 de 2011 visant à limiter les délais de paiement à 60 jours, les paiements au Maroc ont généralement lieu entre 90 et 120 jours en moyenne« .

Les auteurs de l’étude soulignent aussi que « le comportement de paiement des entreprises domestiques est globalement en dégradation du fait du contexte financier mondial, mais les débiteurs du secteur public sont d’autant plus préoccupants qu’ils tendent à payer leurs dettes dans l’année ». 

 

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