Latifa Dabchi, élue municipale de Figuig : « Nous avons dû faire accoucher une réfugiée syrienne par téléphone et Facebook »

Latifa Dabchi, élue municipale de Figuig évoque avec Telquel.ma, les conditions de vie et l’accueil réservé a 55 réfugiés syriens ayant traversé la frontière maroco-algérienne à la mi-avril.

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Crédit: Syria Charitiy

A la mi-avril, une nouvelle guerre des mots éclatés entre le Maroc et l’Algérie. Le sujet de cette nouvelle chamaillerie entre les deux voisins ? L’expulsion, par Alger, de 55 réfugiés syriens vers le territoire marocain, plus précisément du côté de Figuig.  Une « attitude inhumaine » selon Rabat qui a pourtant reconduit une certaine partie de ces réfugiés dans la zone située entre les territoires des deux pays comme nous le révèle Latifa Dabchi, élue municipale et membre de la Commission d’aide aux réfugiés syriens de Figuig qui évoque avec nous le traitement dont ont fait l’objet ces réfugiés ainsi que leur condition de vie.

Telquel.ma :Des réfugiés syriens sont entrés à Figuig en provenance de l’Algérie. Combien sont-ils ?

Dans la soirée du 17 avril, un premier groupe de 41 réfugiés syriens est entré sur le territoire marocain. Le lendemain, 15 membres de ce groupe sont entrés au centre ville de Figuig à Hay Baghdad. Naturellement, les habitants de la ville ont commencé à affluer autour d’eux et à leur donner des couvertures et de la nourriture. La police est intervenue et a établi un cordon de sécurité autour d’eux et a demandé à ce que les dons se fassent de manière organisée.

Le 18 décembre, un autre groupe, composé de 14 réfugiés, s’est dirigé vers Jbel Melias, aux environs de Figuig et y est encore.

Quelle a été l’attitude des autorités vis-à-vis de ces migrants ?

Le groupe de 41 migrants s’est vu offrir un déjeuner par un agent de l’autorité tandis que le dîner leur a été offert par le Conseil municipal de Figuig.  Les autorités les ont ensuite reconduit vers une zone située entre les territoires marocains et algériens et ils y sont toujours.

Comment s’est formée votre Commission et quelle sont les actions qu’ils mènent ?

Notre commission a été formée par une vingtaine de personnes touchées par la situation de ces 55 réfugiés syriens.  Nous sommes plus particulièrement touchés par cette situation car certains cadres de notre ville ont étudié en Syrie. Il existe un lien entre ce pays et nous. Ces réfugiés syriens ont fait des milliers de kilomètres, parfois dans le seul but d’accéder au Maroc et, dans certains cas, y retrouver des membres de leur famille.

Ils vivent dans des mauvaises conditions et certains d’entre eux sont victimes d’infections et ont des maladies. Nous essayons donc de leur fournir nourriture, couvertures et médicaments. Un des groupes compte une femme enceinte de huit mois tandis que l’autre compte une femme ayant à peine accouché et un bébé. On a d’ailleurs dû l’aider à accoucher par téléphone et Facebook.

Nous n’avons aucune revendication si ce n’est que nous souhaitons lancer un appel à l’international afin que quelqu’un prenne en charge ces réfugiés. Dès qu’ils seront pris en charge la Commission arrêtera son travail.

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