RSE au Maroc : un bilan peu flatteur

Article sponsorisé par Groupe Banque Populaire A l’exception d’une poignée d’entreprises dont l’engagement RSE est bien réel, le volontarisme des entreprises à s’engager dans des démarches RSE demeure peu palpable.

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Les pratiques de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) sont-elles valorisées au Maroc ? La réponse risque d’être plutôt négative. Les nombreuses rencontres organisées sur cette thématique, et les différents rapports publiés à ce sujet, n’ont pu susciter l’engouement espéré. Pour l’heure, le bilan est encore très maigre, voire insignifiant.

Le nombre d’entreprises labélisées RSE, dix ans après son introduction au Maroc, ne dépasse guère la centaine, dont la grande majorité est cotée à la Bourse de Casablanca, et/ou filiales d’entreprises étrangères. Ces dernières, dans le souci d’intégrer le marché mondial, se devaient de s’aligner sur les standards de l’UE en matière de compétitivité.

Le nombre d’entreprises actives parmi les PME et grandes entreprises est estimé à plus de 45.000. Mais, d’après l’Administration fiscale, une infime minorité s’acquitte convenablement de ses impôts. La grande majorité des entreprises assujetties à l’IS déclare des bilans constamment déficitaires ! En conséquence, le potentiel d’entreprises remplissant les conditions nécessaires à l’acquisition du Label RSE de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) est fortement réduit à quelque 5.000 unités, dont plus de la moitié n’est pas membre de l’organisation patronale, évoluant encore dans un contexte marqué par la fraude, l’évasion fiscale et les fausses déclarations. Un mal dénoncé à maintes reprises par la CGEM qui semble désarmée face à la vague de l’informel.

Il faut dire que depuis 2007, date de démarrage effectif du label RSE de la CGEM, une soixantaine d’entreprises seulement ont été labellisées, soit une moyenne de 7 entreprises par an. C’est peu et insuffisant, à la fois, pour imprimer une dynamique l’indispensable déploiement de la RSE, et surtout pour rattraper le retard enregistré. En matière de «Développement durable», de «l’Investissement Socialement Responsable»-ISR- et de la «Gouvernance», beaucoup reste à faire pour pouvoir atteindre un seuil critique d’entreprises respectant la norme ISO 26000.

De nos jours, l’entreprise ne peut plus ignorer les exigences qui émergent dans les domaines environnementaux et sociaux. Une bonne intégration des enjeux RSE focalise désormais l’attention des investisseurs et constitue donc un atout en matière de recherche de financements.

En effet, le respect des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) préoccupe de plus en plus les marchés financiers. Vigeo, l’agence de rating extrafinancier, a lancé cette étincelle d’espoir dès 2003, lorsqu’elle a commencé à auditer nombre de sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, leur permettant de décrocher le label ISO 26000. Certaines banques de la place hissent non sans fierté ce label avant d’annoncer aujourd’hui l’émission de «Green Bonds». Il était temps.

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