Mohammed VI et François Hollande scellent la réconciliation maroco-française

Le roi et le président français qui se sont rencontrés ce 9 février à Paris, se sont « félicités » du rétablissement de la coopération judiciaire entre leurs deux pays.

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Mohammed VI- François Hollande
Mohammed VI reçu par François Hollande à l'Elysée le 9 février 2015. Crédit: AFP

Le président François Hollande a reçu ce lundi 9 février le roi Mohammed VI pour sceller la réconciliation entre Paris et Rabat après une brouille diplomatique qui a duré un an, selon l’agenda du chef de l’État. Le monarque effectue depuis une dizaine de jours une visite « privée » en France, qui a coïncidé avec la signature le 31 janvier entre les deux pays d’un accord rétablissant leur coopération judiciaire, principale victime de cette brouille bilatérale.

Les deux dirigeants ont affirmé ce lundi 9 février à Paris la détermination de la France et du Maroc « à lutter ensemble contre le terrorisme et à coopérer pleinement dans le domaine de la sécurité », selon un communiqué conjoint publié après leur rencontre à l’Élysée.

Une rencontre entre Abdelilah Benkirane et Manuel Valls avant cet été

Selon ce communiqué, les deux dirigeants « se sont félicités de l’accord bilatéral du 31 janvier qui crée les conditions d’une coopération judiciaire plus efficace entre les deux pays », affirmant « la détermination de la France et du Maroc à lutter ensemble contre le terrorisme et à coopérer pleinement dans le domaine de la sécurité ». Ils ont par ailleurs souligné « la pleine vigueur du partenariat d’exception qui lie le Maroc et la France » faisant état d’un « programme intense de visites ministérielles entre les deux pays » pour préparer une « prochaine réunion de haut niveau » entre leurs gouvernements.

Cette rencontre de haut niveau doit avoir lieu avant l’été et sera présidée par le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et le Premier ministre Manuel Valls, a précisé l’entourage de François Hollande.

Les deux chefs d’État se sont réjouis que les conditions soient réunies pour une « nouvelle dynamique de coopération confiante et ambitieuse entre la France et le Maroc dans tous les domaines ».

Inquiétudes d’ONG de défense des droits de l’Homme

L’accord du 31 janvier est intervenu près d’un an après la suspension par le Maroc de sa coopération judiciaire avec les autorités françaises, à la suite d’une crise bilatérale inédite provoquée par un dépôt de plaintes en France contre de hauts dignitaires marocains. Au départ de la brouille, une descente de police, le 20 février 2014, à la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris, pour notifier une demande d’audition de la justice française au patron du contre-espionnage Abdellatif Hammouchi. Ce dernier était accusé de torture par des opposants marocains et l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), une ONG française, avait porté plainte contre lui.

Voir aussi : Frise chronologique de la détérioration diplomatique Maroc-France

Malgré cette réconciliation au sommet, neuf organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), se sont inquiétées dans un communiqué parvenu lundi à l’AFP, de la poursuite de « mesures d’intimidation exercées contre les victimes de tortures » au Maroc et contre l’ACAT qui les représente.

L’ACAT avait indiqué le 27 janvier qu’un de ses représentants avait été convoqué par les autorités marocaines pour le 26 février devant un tribunal de Rabat pour répondre d’accusations de « diffamation » et d' »outrage ».

« Alors que la France et le Maroc semblent rétablir une relation de confiance entre les deux pays, il est essentiel que chaque pays conserve sa capacité à interpeller l’autre sur des questions liées au respect des droits humains. C’est une plainte pour torture qui a déclenché la crise des relations bilatérales. On a peut-être dépassé la crise, mais le problème de la torture au Maroc se pose toujours« , a souligné un représentant de HRW.

Avec agences

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