A Bruxelles, un Marocain avoue avoir incendié une mosquée chiite

Rachid El Boukhari a admis avoir mis le feu à la mosquée chiite Rida, à Bruxelles, causant la mort d'un imam, et explique que son geste visait à punir les chiites.

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Rachid El Boukhar
Rachid El Boukhari avoue avoir mis le feu à une mosquée chiite à Bruxelles. Crédit : DR

Le procès de Rachid El Boukhari, un Marocain sunnite résidant en Belgique a débuté, jeudi 27 novembre, devant la Cour d’assises de Bruxelles. Celui-ci est accusé d’avoir mis le feu à la mosquée Rida (la principale mosquée chiite de Bruxelles) le 12 mars 2012. L’incendie avait causé la mort d’un imam.

Rachid El Boukhari, âgé aujourd’hui de 35 ans, s’était introduit peu avant la prière du soir dans cette mosquée chiite d’Anderlecht, un quartier populaire et multiculturel de la ville. Se déclarant musulman sunnite, il avait d’abord lancé des invectives à l’égard des chiites, les jugeant responsables de la répression en Syrie. Armé d’une hâche et de couteaux, il avait déversé de l’essence puis mis le feu au bâtiment. L’incendie s’était rapidement propagé et l’imam Abdellah Dahdouh, père de quatre enfants, âgé de 47 ans, était alors décédé par intoxication, après avoir d’abord tenté d’éteindre le foyer puis essayé en vain de s’enfuir.

Et Rachid El Boukhari a reconnu devant la Cour d’assises avoir mis le feu à la mosquée. « Oui, je savais qu’il y avait une personne dans la mosquée au moment où j’y ai mis le feu », a-t-il avoué selon l’agence Belga, tout en niant avoir eu l’intention de blesser qui que ce soit : « Je pensais qu’ils allaient sortir par la porte. Le problème est qu’une de ces personnes a fermé la porte et on s’est retrouvé enfermés dans le bâtiment. Je ne pensais pas qu’il y aurait mort d’hommes. Moi, je voulais juste éveiller les chiites ».

Le Marocain explique qu’il « voulait faire prendre conscience à la communauté chiite de la situation en Syrie. Là-bas, les sunnites, qui demandaient alors que le régime de Bachar Al-Assad tombe, subissaient des exactions ».

A noter que deux autres personnes qui se trouvaient dans la mosquée pour la prière du soir ont été blessées. Arrêté sur les lieux, le prévenu a été inculpé pour « infraction terroriste », en plus du chef d’accusation d’« incendie volontaire ayant entraîné la mort » avec comme « motif aggravant » que cet acte est « basé sur la religion ». A l’issue de son procès, qui devrait s’achever le 8 décembre, il risque la prison à perpétuité.

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