A Kénitra, ouverture d'une enquête pour actes de torture dans un commissariat

L'inspection générale du ministère de la Justice s'apprête à enquêter sur des accusations de torture contre un commissariat de Kénitra.

Par

Photo : Rachid Tniouni

Le département de Mustapha Ramid vient de soumettre à l’inspection générale du ministère des cas de torture présumés commis dans un commissariat de la police judiciaire de Kénitra. Le ministère a été alerté quand les victimes présumées de ces tortures ont demandé une expertise médicale au parquet, ce que le procureur du roi a refusé. Ce dernier va devoir justifier son refus devant les inspecteurs.

D’après le quotidien Assabah, cette enquête vise des actes de torture commis sur certains des étudiants arrêtés le 3 novembre dernier lors d’une manifestation contre le coût des transports. Et Khalid Gououi, vice-président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), a confirmé à Telquel.ma que les avocats des six étudiants libérés le 5 novembre ont bien demandé une expertise médicale, qui leur a été refusée.

Les mains dans le vomi

Pour rappel, une jeune fille de 19 ans est ressortie dans un état très grave de sa garde à vue, et a même dûe être hospitalisée. En état d’hypoglycémie lors de sa rétention, « elle a vomi et on l’a obligée à ramasser avec ses mains, c’est de la torture », s’exclame Khalid Gououi. Il ajoute qu’ « on lui a fait signer le procès verbal alors qu’elle était évanouie ». Elle est aujourd’hui sortie de l’hôpital.

La décision du ministre de la Justice s’inscrit dans la lignée de son annonce en juin dernier. Mustapha Ramid avait publié un communiqué dans lequel il promettait que des enquêtes seraient ouvertes afin de mettre au clair toutes les affaires de torture. Une annonce qui suivait un rapport très critique d’Amnesty International : l’ONG y rapportait les accusations de Ali Aarrass, qui aurait été torturé dans une prison de Salé. La pression sur Rabat s’était ensuite accentuée quand le comité onusien de lutte contre la torture s’était penchée sur l’affaire.

Et en août 2014, la cour d’appel d’Agadir avait annulé un verdict pour cause d’actes de torture commis sur le condamné par la police judiciaire de Guelmim, une première. A l’inverse, il y a quelques semaines, la militante Wafaa Charaf a été condamnée en appel à deux ans de prison pour « allégations mensongères de torture.»

Lire aussi : « Torture : Amnesty place le Maroc dans les « pays prioritaires » »

article suivant

L'ONCF annonce une reprise progressive du trafic à partir du premier juin