A Kénitra, une étudiante en réanimation au sortir de sa garde à vue

Une étudiante arrêtée après avoir participé à une manifestation en début de semaine a dû être hospitalisée dans un « état grave ».

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couloir d'hôpital
La capacité de la nouvelle unité est de 20 lits qui s’ajoutent à l’unité de réanimation déjà existante, dotée de 11 lits. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

La rentrée d’une jeune étudiante a tourné au drame. Arrêtée lundi dernier avec 9 autres manifestants qui protestaient contre la hausse du prix des transports universitaires, la jeune fille de 19 ans a été libérée provisoirement mercredi. Sauf qu’elle est depuis hospitalisée, dans un état qui a nécessité son placement en service de réanimation, selon le vice-président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) joint par Telquel.ma.

Tout a commencé lundi 3 novembre, quand des étudiants, qui se sont vus refusés l’autorisation « d’une marche pacifique », décident malgré tout de se réunir devant l’université université Ibn Tofail pour protester contre le problème des transports, nous raconte Khalid Gououi, qui était sur place. La cause de la grogne ? Les étudiants reprochent à la municipalité de ne pas contraindre la société Karama, en charge des transports universitaires, à respecter son cahier des charges, et notamment les tarifs prévus.

Sur les lieux, témoigne le militant de l’AMDH, « toutes les forces [de l’ordre] de Kénitra étaient mobilisées » et « les étudiants ont été provoqués et encerclés ». Des personnes, que les étudiants prétendent ne pas connaître, ont alors commencé à lancer des pierres, sans cibler les forces de l’ordre ou les étudiants en particulier, toujours d’après Khalid Gououi. La police a ensuite dispersé les manifestants avec une « intervention musclée » et a arrêté dix étudiants.

Lors du procès, de nouvelles arrestations devant le tribunal

Après deux jours de garde à vue, ces derniers ont comparu mercredi 5 novembre devant le procureur général du roi près la Cour de Kénitra. D’après le quotidien arabophone Assabah, de lourds chefs d’accusation sont retenus contre eux : attroupement armé, coups et blessures à l’encontre des policiers et insubordination. Quatre ont été incarcérés, et six placés en liberté provisoire. Parmi eux, l’étudiante de 19 ans, seule fille du groupe, n’a pas été détenue avec ses camarades. Et lors de sa libération, ses parents l’ont retrouvée dans « un état grave », selon Khalid Gououi. Sans consultation de son dossier médical, difficile pour le moment de savoir si elle a été blessée lors de la protestation ou si elle a subi des violences lors de sa détention.

L’AMDH dénonce aussi des « arrestations aléatoires » réalisées devant le tribunal, au moment du procès. Des étudiants s’étaient en effet réunis en soutien à leur camarades. Ils ont maintenant tous été libérés.

Selon Assabah, les heurts entre manifestants et policiers ont fait plusieurs blessés, dans les deux camps, dont un commissaire de police au genou fracturé. Les étudiants blessés auraient refusé leur évacuation vers l’hôpital de la ville par crainte d’y être arrêtés.

Enfin, le quotidien Sahifat Annass rapporte que des heurts entre étudiants et forces de l’ordre se sont également produits mardi à l’université Dhar El Mahraz quand des policiers ont fait irruption dans un amphithéâtre de la faculté des sciences pour disperser un rassemblement estudiantin d’Annahj Addimocrati Al Qaïdi. Trois étudiants ont été placés en garde à vue.

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